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Atlas Loire Bretagne

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Plutôt qu’une liste exhaustive de projets, nous considérons cet atlas comme une porte à travers laquelle chacun peut entrevoir une diversité d’approches dessinant une nouvelle cartographie de l’adaptation.

Atlas en cours de création, nous y ajoutons des projets au fur et à mesure de notre enquête. Il s’agit d’une recherche collaborative sur ce qui créé l’adaptation dans un territoire, vous pouvez donc nous proposer des projets, des acteurs ou des lieux et des paysages, n’hésitez pas à nous écrire !

REEHAB
Paysage & Ecologie
Littoral Atlantique
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Le Théâtre d’Ardoise
Architecture & Manières d’habiter le territoire
Ile d’Oléron
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Mission Pépite
Paysage & Ecologie
Rade de Brest, baie de Morlaix, bordure littorale entre Concarneau et la pointe de Trévignon et secteur de Belle-Ile en mer
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Association Univers-sel
Communauté & Action Collective
Guérande
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Passage du Gois
Paysage & Ecologie
Beauvoir-sur-Mer / île de Noirmoutier
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Dolus d’Oléron, laboratoire d’un aménagement résilient
Architecture & Manières d’habiter le territoire
Ile d’Oléron
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Les refuges de mer et la maison des goëmoniers
Architecture & Manières d’habiter le territoire
Ile de Molène (Lédénez)
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Le Collectif Les Vagues
Communauté & Action Collective
Saint-Malo
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Parlement de Loire
Arts & Philosophie
Centre-Val de Loire
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ZAD Notre-Dame des Landes
Communauté & Action Collective
Notre-Dame des Landes
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Groupement Régional des Aires Educatives de Bretagne
Communauté & Action Collective
65 lieux en Bretagne
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Festival Sous l’Eau
Arts & Philosophie
Belle-Ile en Mer
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Initium Maris
Arts & Philosophie
Littoral breton, de St Malo à St Nazaire
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Programme Art et Sciences du laboratoire BeBest
Arts & Philosophie
Brest
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La barre d’Etel et autres sentiments océaniques
Arts & Philosophie
Etel
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Parchemins
Communauté & Action Collective
Bretagne
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Réseau Agricole des Iles Atlantiques
Communauté & Action Collective
Iles de la façade Atlantique
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Coopérative Passeurs de Terre
Communauté & Action Collective
Pays de la Loire
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Adapto - site de la baie de Lancieux
Paysage & Ecologie
Baie de Lancieux
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TOWT (TransOceanic Wind Transport) et le label ANEMOS
Communauté & Action Collective
Douarnenez
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Finis Terrae
Arts & Philosophie
Ile d’Ouessant
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En attendant la mer
Paysage & Ecologie
Littoral Atlantique, entre la Vendée et le Haut-Médoc
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Mon bord de mer
Arts & Philosophie
Lorient - Vannes
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Vivos
Arts & Philosophie
Brest
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Passerelle de la belle Henriette
Paysage & Ecologie
La Tranche-sur-Mer
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Pont roulant
Architecture & Manières d’habiter le territoire
Saint-Malo
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Classes de mer
Communauté & Action Collective
Moulin-Mer à Logonna-Daoulas
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Mars 709
Arts & Philosophie
Roz-sur-Couesnon
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Festival Si la Mer Monte
Arts & Philosophie
Ile-Tudy
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Plages Vivantes
Paysage & Ecologie
Façade Manche, Atlantique, Méditerranée
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Plankton Planet
Paysage & Ecologie
Roscoff
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MADABREST
Communauté & Action Collective
Brest
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CartoHECo et CoEHCO
Paysage & Ecologie
Estuaire de le Gironde
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LittoSIM
Architecture & Manières d’habiter le territoire
île d'Oléron
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L’escargot, la méduse et le bégonia
Paysage & Ecologie
Estuaire de la Charente
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Maison RoZo
Architecture & Manières d’habiter le territoire
Savenay, Loire-Atlantique
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Les aventures des mers de l’ouest
Architecture & Manières d’habiter le territoire
Saint Hilaire de Riez (Sion sur l'océan)
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Itinérances sur les rives de la Vilaine
Paysage & Ecologie
Métropole de Rennes
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Roches
Arts & Philosophie
Rivages franco-anglais de la Manche
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C.A.P. 2000
Communauté & Action Collective
Golfe du Morbihan
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Les arbres bleus
Communauté & Action Collective
La Rochelle
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Nantes Futurable
Communauté & Action Collective
Estuaire de la Loire
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Observatoire du marais
Architecture & Manières d’habiter le territoire
Saint-Malo de Guersac
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Iodysseus
Paysage & Ecologie
Brest
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Station de lagunage
Paysage & Ecologie
Rochefort
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Blockhaus, mur de l'atlantique
Communauté & Action Collective
Côte Atlantique
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Mouillages de moindre impact
Communauté & Action Collective
Golfe du Morbihan / Archipel des Glénan / Parc naturel marin d’Iroise
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RIM / Au bout du plongeoir
Communauté & Action Collective
Rennes
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Belle-Ile 2070
Communauté & Action Collective
Belle-Île en mer
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Le peuple des dunes en Trégor
Paysage & Ecologie
Baie de Lannion
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Hé... la mer monte ! chronique d'une vague annoncée
Arts & Philosophie
La Rochelle
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Utopia 56
Communauté & Action Collective
Lorient
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Remise en culture de friches agricoles
Paysage & Ecologie
Moëlan-sur-mer
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Les éclaireurs
Communauté & Action Collective
Pays de la Loire
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Maison mer
Communauté & Action Collective
Brest
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PEPPS
Paysage & Ecologie
L’Aber en Crozon, Finistère / Les marais de Séné, Morbihan Le marais de l’Islet,Côtes-d’Armor / Le bassin du Mès, Loire-Atlantique
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Paysans de nature
Communauté & Action Collective
France
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Carte émotionnelle de Concarneau
Communauté & Action Collective
Concarneau
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Dispositifs de protection de la Rochelle
Architecture & Manière d'habiter le territoire
La Rochelle
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Splann!
Communauté & Action Collective
Guingamp
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FUGASCIA
Paysage & Ecologie
Gâvres
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La belle folie
Architecture & Manières d’habiter le territoire
Ploemel, Morbihan (56)
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VALMER
Paysage & Ecologie
Golfe du Morbihan / Parc Naturel marin d'Iroise / Golfe Normand-Breton / Plymouth Sound-Fowey / North-Devon
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Mer
Arts & Philosophie
Mer d'Iroise
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Les maisons endormies
Arts & Philosophie
Bretagne
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Par les rivages
Communauté & Action Collective
St Nazaire
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Imcore
Communauté & Action Collective
Golfe du Morbihan
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Quand viendra la vague
Arts & Philosophie
Lanleff
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Renouvellement de la trame arborée du Marais poitevin
Paysage & Ecologie
Marais Poitevin (partie amont)
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"Se peut étendre sur les grèves"
Arts & Philosophie
Capbreton / Hossegor / Noirmoutier / Anglet et autres ...
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REEHAB
Concepteurs
IFREMER (France) université de Porto (Portugal), université de Bangor (Pays de Galles) et université de Plymouth (Angleterre) Fondation Total OFB

Lieu
Littoral Atlantique

Date


Milieux
Dans l’eau / Mer / Milieu marin

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Recherche / Expérimentation

Modalité d'adaptation
Composer dans un monde multispécifique / Régénérer et préserver les pouvoirs du vivant

En quoi consiste le projet ?

Le projet REEHAB vise à mieux connaître la distribution géographique des hermelles et l’effet de différents facteurs environnementaux sur son habitat. Ces vers de 3 cm de long vivent dans des tubes qu’ils construisent en collant le sable et les fragments de coquillages qu’ils capturent. Agglomérés, ces habitats peuvent former de véritables récifs - sur parfois des centaines d’hectares - qui abritent une grande biodiversité et protègent le trait de côte contre l’érosion en atténuant la force des vagues.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Composer dans un monde multispécifique / Régénérer et préserver les pouvoirs du vivant

S’intéresser aux hermelles, c’est découvrir qu’un petit ver de rien du tout peut constituer des habitats pour de multiples espèces, tout en protégeant les côtes de l’érosion. Le connaître et le préserver a un impact conséquent sur la biodiversité marine et côtière.
C’est aussi découvrir des paysages intertidaux incroyables et étranges, qui ouvrent sur des univers cachés et peu perceptibles si on n’y porte pas attention.

Mise en perspective

Les récifs d’hermelles sont fragiles et très vulnérables à l’action de l’homme (piétinement, pêche à pied ou au chalut, etc.).
Comment faire mieux connaître ces écosystèmes au grand public ?

Projet miroir
©ErwanAmice

Des laboratoires de recherche, comme le laboratoire BEBEST à Brest, invitent à écouter les sons de crustacés et bivalves pour ouvrir nos perceptions à d’autres êtres vivants. Quel est le son d’un récif d’hermelles ?

Lien du projet miroir

Le Théâtre d’Ardoise
Concepteurs
Jean-Marc Chailloleau association TAP ("tous aux pieux")

Lieu
Ile d’Oléron

Date
depuis 2007

Milieux
Île / Milieu insulaire

Catégorie
Architecture & Manières d’habiter le territoire

Type de projet
Lieux / Espaces partagés

Modalité d'adaptation
Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

En quoi consiste le projet ?

Le théâtre d’ardoise prend place dans la concession ostréicole de JM Chailloleau, chenal d’Arceau, à l’endroit d’un ancien théâtre antique, si l’on en croit la petite histoire. Le nouvel amphithéâtre, érigé à l’aide de pieux d’ardoise, anciens collecteurs à huîtres, accueille 500 personnes, en plein air, au milieu des marais. JM Chailloleau et l’association TAP y organisent chaque été le festival Estivases, autour de contes, de musique et des produits locaux biologiques.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

Architecture éphémère, faite avec peu de moyens, ce lieu offre un regard sur le littoral, non pas centré sur la plage mais sur les marais: autre rapport physique à ce milieu, autre expérience vécue du paysage. Le théâtre donne à voir le rivage dans sa profondeur, comprennant les paysages de marais. Les événements culturels qui s’y déroulent participent à attirer un public qui ne s’y serait pas aventuré sinon.
Ce lieu se veut autonome, indépendant des institutions. On pourrait imaginer qu’il puisse accueillir d’autres événements de mobilisation citoyenne ou de débat.

Projet miroir
©theatredekerhervy

Plusieurs festivals offrent l’occasion de changer notre rapport au littoral, autant par les lieux traversés que par les sens mis en éveil. Le festival de théâtre de Kerhervy, à Lanester (56), en est un exemple. Il prend place dans le théâtre de plein air, face au cimetière de bateaux, le long de la rivière du Blavet.

Lien du projet miroir

© Le Théâtre d'Ardoise
© Le Théâtre d'Ardoise
© Klima
Mission Pépite
Concepteurs
IFREMER

Lieu
Rade de Brest, baie de Morlaix, bordure littorale entre Concarneau et la pointe de Trévignon et secteur de Belle-Ile en mer

Date
2019

Milieux
Dans l’eau / Mer / Milieu marin

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Recherche / Expérimentation

Modalité d'adaptation
Composer avec un monde multispécifique / Régénérer et préserver les pouvoirs du vivant

En quoi consiste le projet ?

La mission Pépite part explorer les tapis d’algues rouges calcifiées : le maërl, pour comprendre les évolutions de la sédimentation et du climat ainsi que les impacts anthropiques de ces deux derniers millénaires sur les littoraux Breton. La mission lance une campagne de carottage des fonds marins (sur trois sites : baie de Morlaix (nord Finistère), bordure littorale entre Concarneau et pointe de Trévignon (sud Finistère), et secteur de Belle-Ile en mer) afin de constituer des archives sédimentaires à partir du maërl.
Le maërl est une algue rouge qui a la particularité de construire un squelette calcaire. Il prend la forme de petits arbuscules solides qui reposent au sol dans les fonds marins. Les nouveaux individus recouvrent petit à petit les anciens, formant des couches de plusieurs mètres d’épaisseur au fil des années. Le maërl a besoin de conditions environnementales stables et les effets climatiques ou anthropiques conditionnennent son bon développement. L'analyse du maërl dans les carottes sédimentaires donne donc des informations précieuses sur les conditions climatiques, écologiques et environnementales passées.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Composer avec un monde multispécifique / Régénérer et préserver les pouvoirs du vivant

Le maërl peut être un indicateur des changements climatiques qui ont affecté les côtes depuis l’âge de fer, il y a plus de 2000 ans, jusqu'à aujourd'hui. L'étude de son évolution permet ainsi de mieux comprendre les évolutions du littoral ainsi que celles du climats afin de mieux comprendre les changements et bouleversements en cours et à venir. En effet, l’apparition et la disparition du maërl sont étroitement liées aux épisodes climatiques majeurs qui ont affecté l’Europe du Nord, et à l’impact de l’homme sur son environnement (agriculture intensive, aménagement des cours d’eau, aménagements côtiers, extraction de sable ou encore la pêche, etc.).

Mise en perspective

Le maërl a longtemps été exploité par l’homme pour constituer un amendement aux terres agricoles. La Bretagne est la région du monde où l’activité d’exploitation du maërl a été historiquement la plus forte. L’homme a alors négligé la richesse des écosystèmes marins que constituent les bancs de maërl. Ils abritent pourtant de nombreux échanges multispécifiques dont dépend le développement d’individus, animaux et végétaux.
Cet habitat est aujourd’hui protégé en France comme habitat remarquable et les extractions de maërl sont interdites depuis 2013.

© Klima
© Ifremer
© Ifremer
Association Univers-sel
Concepteurs
Paludiers de Guérande

Lieu
Guérande

Date
depuis 1992

Milieux
Estuaire / Delta / Marais / Lagune / Milieu saumâtre

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Acteurs / Mise en réseau

Modalité d'adaptation
S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

En quoi consiste le projet ?

UNIVERS-SEL est une association de solidarité internationale créée par des paludiers de Guérande il y a 30 ans. L'association accompagne le développement de techniques agricoles plus écologiques, par les échanges de savoir-faire entre les paludiers de Guérande et ceux de l'Afrique de l'Ouest. Elle s'est notamment orienté vers deux techniques agricoles plus écologiques : la saliculture solaire sur bâche et l’amélioration de la gestion de l’eau dans les rizières. Il s’agit de l’évaporation naturelle (par le vent et le soleil) d’une saumure sur bâche pour recueillir le sel (et non par combustion de bois issu des mangroves), et de la fabrication de bassins à l’aide de matériaux naturels (boue) et mise en place de digues.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

L'initiative d'Universel est basée sur l'entraide et l'échange de savoirs-faire entre pays, en ce sens elle permet que chacun puisse mieux s'adapater aux transformations de son milieux, tout en utilisant des moyens low-tech basés sur le bon sens. Ainsi, des échanges de savoirs-faire sont crées entre les paludiers de Guérandes et ceux de l'Afrique de l'ouest, pour mettre en place la saliculture solaire, qui permettra de protéger les mangroves en réduisant les besoins en bois de combustion par rapport à la saliculture ignigène, et de simplifier le quotidien des femmes (gestion du temps, pénibilité du travail, source de revenu). Univers-sel propose ainsi d'autres alternatives, en requestionnant les modèles et l'utilisation des ressources locales (humaines et naturelles). C'est une démarche agroécologique en zones humides, soit la création des conditions propices à un meilleur équilibre entre l’Homme et les écosystèmes avec lesquels il évolue.

Mise en perspective

La saliculture transmise par Univers-Sel est inspirée de la saliculture pratiquée à Guérande, artisanale et organisée en coopérative. C’est une exception à l’échelle nationale et internationale, où la saliculture industrielle est prédominante. La saliculture industrielle est entièrement mécanisée avec des pelleteuses pour la récolte et donc très peu d’employés. La saliculture artisanale constitue, elle, un revenu ou un complément de revenu important pour des centaines de milliers de personnes.

© Klima
© Univers-Sel - Xavier Desmier
© Univers-Sel - Pauline Lançon
Passage du Gois
Concepteurs


Lieu
Beauvoir-sur-Mer / île de Noirmoutier

Date


Milieux
Île / Milieu insulaire

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Mode de déplacement / Cheminement / Passage

Modalité d'adaptation
Composer avec l’incertitude / Prendre en compte l’impermanence et l’indéterminé

En quoi consiste le projet ?

Le passage du Gois est une chaussée submersible, accessible uniquement à marée basse. Long d’un peu plus de 4km, ce passage relie Beauvoir-sur-Mer à l’île de Noirmoutier, recouvert par les eaux au rythme des marées. On peut l’emprunter depuis 1h30 avant jusqu’à 1h30 après l’heure de basse mer.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Composer avec l’incertitude / Prendre en compte l’impermanence et l’indéterminé

La possibilité de traverser au niveau du passage du Gois n’est pas acquise et dépend de la hauteur d’eau. Cet aménagement rend compte d’un rapport souple et non dominant de l’homme sur l’eau, en prenant en compte l'impermanence.

Mise en perspective

Vivre avec l’eau est ici relatif, car il y a un pont à côté de cette route submersible, pour relier Noirmoutier au continent.

Projet miroir
©Pierre-Yves Brunaud

Des infrastructures récentes conjuguent une attention au milieu et des usages différents selon les hauteurs d’eau, comme la passerelle de la Belle Henriette, à La Faute-sur-Mer (85).

Lien du projet miroir

Dolus d’Oléron, laboratoire d’un aménagement résilient
Concepteurs
Mairie de Dolus d’Oléron Pays Marennes-Oléron Direction départementale des territoires et de la mer des Charentes maritimes (DDTM17) Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer Ecole d’architecture de la ville et des territoires de Marne-la-Vallée Étudiants: Hortense Goupil Emilien Josseau Oscar Schlumberger

Lieu
Ile d’Oléron

Date
2016-17

Milieux
Île / Milieu insulaire

Catégorie
Architecture & Manières d’habiter le territoire

Type de projet
Projet de territoire / Gouvernance

Modalité d'adaptation
Recomposer autrement / Penser avec la profondeur du territoire / Retisser les liens / Prendre en compte les interdépendances

En quoi consiste le projet ?

Dolus, laboratoire pour penser la résilience. Comment adapter le territoire, ses mobilités et ses habitations à une montée des eaux d’un mètre en 2100 ? Cette étude propose la préemption de parcelles disponibles à proximité des centres-bourgs pour les habitants qui seront à relocaliser, avec des typologies multiples d’habitation selon la distance à la mer. Mais aussi la suppression de la route des plages et la suppression des parkings sur la dune vers le déplacement des stationnements en retrait et le renforcement des pistes cyclables.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Recomposer autrement / Penser avec la profondeur du territoire / Retisser les liens / Prendre en compte les interdépendances

Les dunes forment une protection naturelle des côtes contre l’érosion marine. Les activités humaines littorales peuvent bénéficier de cette particularité si elles sont suffisamment éloignées du rivage pour permettre aux dunes de se constituer, d’évoluer et de se déplacer.

Mise en perspective

Des projets de suppression d’infrastructures côtières ont été réalisés pour redonner une mobilité à un cordon dunaire, comme sur les lidos, près de Sète.
Il est plus rare de voir réalisés, en France, des projets de déconstruction d’habitations littorales à grande échelle, pour anticiper la hausse du niveau marin et l’érosion côtière. Des études prospectives existent néanmoins, comme sur le littoral aquitain, sous le pilotage du GIP littoral aquitain. Des déconstructions ponctuelles ont eu lieu, par ailleurs, suite à des tempêtes comme après Xynthia sur la côte atlantique.

Projet miroir
©Conservatoiredulittoral

Sur les sites des petit et grand travers, à Sète, des travaux d'envergure de suppression d'une route ont permis de recréer une bande littorale favorable à la reconstitution de dunes.

Lien du projet miroir

© Hortense Goupil - Emilie Josseau - Oscar Schlumberger
© Hortense Goupil - Emilie Josseau - Oscar Schlumberger
© Hortense Goupil - Emilie Josseau - Oscar Schlumberger
Les refuges de mer et la maison des goëmoniers
Concepteurs
Atelier Koïbo Commune de Molène Les viviers de Kergroadez Communauté de communes du Pays d’Iroise Département du Finistère Région Bretagne Etat

Lieu
Ile de Molène (Lédénez)

Date
depuis 2017

Milieux
Île / Milieu insulaire

Catégorie
Architecture & Manières d’habiter le territoire

Type de projet
Lieux / Espaces partagés

Modalité d'adaptation
Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

En quoi consiste le projet ?

Cette petite île est reliée à l’île de Molène à marée basse par un cordon de galets. En dessous d’un coefficient de marée de 70, ce cordon n’est pas découvert ce qui fait que l’île est parfaitement isolée, environ 4 à 5 jours par mois.
Au début du siècle dernier l'île était occupée par des saisonniers goémoniers qui avaient construit deux maisons en bois, celles-ci ont été restaurées et converties en gites d’étape, autonomes en eau et en énergie à l’aide de panneaux solaires et de la récupération d’eau de pluie. Cette petite île, au ras de l’eau et sans arbres, est livrée aux vents et aux tempêtes d’une manière très directe.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

Pourquoi continuer de figer le paysage littoral sous une forme balnéaire, centré sur la plage et le front de mer ? Les refuges en mer de l’île de Molène sont une alternative possible qui questionne la constitution de communs et leurs usages : biens communaux, logement temporaire (2 nuits maximum), réinvestissement du bâti existant, construction low-tech et bâti autonome.

Mise en perspective

Le principe du refuge est connu en montagne, où il permet de conjuguer itinérance et abri en pleine nature. L’itinérance littorale est-elle à réinventer, en dehors du sentier des douaniers? (le GR2013 en région PACA est précurseur en la matière). Quels en seraient les refuges ?

Projet miroir
©Lebruitdufrigo

Des refuges sont créés aussi en milieux urbains et périurbains. Autour de Bordeaux, des refuges invitent à parcourir et à habiter des paysages métropolitains trop méconnus.

Lien du projet miroir

Le Collectif Les Vagues
Concepteurs
Nicolas Bessec, Marie Dautzenberg et tous les membres du collectif Les Vagues

Lieu
Saint-Malo

Date
depuis 2018

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Acteurs / Mise en réseau

Modalité d'adaptation
S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

En quoi consiste le projet ?

Les Vagues est né à St Malo en 2018. Ce collectif réunit quelque 120 citoyens engagés pour l’océan en tant que bien commun. Il a pour objectif de faire renaître un état d’esprit d’exploration et de déployer les imaginaires liés à la mer. Ses principales actions portent sur l’organisation de conférences, de rencontres, de débats et le partage de connaissances sur le littoral et la mer, à partir d’approches variées (poésie, sciences, pédagogie, etc.)

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

Les Vagues met en avant la singularité de chacun et l’enrichissement mutuel, le partage, le temps passé ensemble à échanger et à réfléchir collectivement (cafés, discussions du soir, rencontres, préparations d'évènements, conférences).
Ce collectif citoyen est très actif et vivant, il est générateur de liens sur le territoire et créateur d’un réseau de personnes variées qui partagent et s'entraident, ils deviennent ainsi plus aptes à trouver des manières de s’adapter en cas de chocs ou de grands changements.

Mise en perspective

Nous avons d'ailleurs rencontré Marie et Nicolas lors d'un entretien à retrouver sur le site de Klima sur la page "Nos Rencontres"

Projet miroir
©Klimaong

Des lieux, institutionnels ou non, sont investis lors d'événements collectifs pour faire vivre et partager des démarches citoyennes. C’est le cas de Kervic, à Nevez (29), où sont accueillis chaque été makers, chercheurs, citoyens, sur des thématiques multiples. Les Comices du faire, à l’été 2020, proposaient un atelier de réflexion animé par Yann et Corine de la Fabrique des Océans, à Brest, autour des tiers lieux et de l’océan.

Lien du projet miroir

Parlement de Loire
Concepteurs
POLAU-pôle art & urbanisme, Région Centre-Val de Loire Mission Val de Loire, CICLIC, École de la Nature et du Paysage de Blois-INSA Centre-Val de Loire, COAL (Coalition arts et écologie), Camille de Toledo (auteur associé)

Lieu
Centre-Val de Loire

Date
depuis 2019

Milieux
Dans les terres / Rivières / Forêts / Milieu terrestre

Catégorie
Arts & Philosophie

Type de projet
Événement / Itinérance / Rencontre

Modalité d'adaptation
Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

En quoi consiste le projet ?

Ce projet est une recherche collective entre sociologues, anthropologues, juristes, architectes, paysagistes et archéologues, afin d’imaginer l’institution d’un écosystème fluvial et impliquer dans un parlement reconfiguré la faune, la flore, les bancs de sable, les masses d’eau et l’ensemble des composantes du fleuve Loire. Depuis 2019, cette communauté d'acteurs cherche à définir les formes et fonctionnements d’un parlement pour une entité non-humaine. Ce processus est structuré par une série d’auditions publiques qui mettent en dialogue une commission interdisciplinaire avec des professionnels et des usagers de la Loire. Il s'inspire de démarches menées ailleurs dans le monde, comme en Nouvelle-Zélande, où, en 2017, le Parlement néozélandais a reconnu le Whanganui, un fleuve local, comme personne vivante et indivisible.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

Trouver le moyen de laisser le non-humain s’exprimer et défendre sa place, lui donner sa propre institution et sa propre gouvernance est une très belle manière de considérer un monde moins anthropocentré.

Projet miroir
©FeralAtlas

Le concept de féralité nous ouvre d'autres pistes de réflexion sur notre cohabitation avec les non-humains et les conséquences de l'altération des milieux par l'homme. La féralité regroupe les "processus d’ensauvagement non programmés et bien souvent indésirables. Ce sont toutes les espèces qu’on a coutume de qualifier d’invasives, elles aussi relevant de la part maudite et nous obligeant à des mesures de rééquilibrage des milieux toujours imparfaites et illusoires en définitive." (Matthieu Dupperex)
Ce sont donc des processus d'ensauvagement de non-humains, en dehors de toute disctinction ou reconnaissance de droits par les humains.
L'anthropologue Anna Tsing et son équipe de recherche ont créé un atlas de ces féralités.

Lien du projet miroir

ZAD Notre-Dame des Landes
Concepteurs
Les ZADistes

Lieu
Notre-Dame des Landes

Date
depuis 2009

Milieux
Dans les terres / Rivières / Forêts / Milieu terrestre

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Luttes / Mouvements / Empowerment

Modalité d'adaptation
Lutter / protéger / préserver

En quoi consiste le projet ?

Le projet de construction d’un nouvel aéroport près de Nantes dans les années 1970, relancé dans les années 2000, a connu une forte opposition et une polémique nationale. Depuis 2009, des centaines d’activistes ont investi l’emplacement prévu en créant une "Zone à défendre" (ZAD). Cette ZAD est devenue le laboratoire d’une société nouvelle : formes d’habitation, occupation foncière, modèles agricoles et économiques, auto-gestion. Après des années de contestations et de heurts, le projet d’aéroport a été abandonné définitivement le 17 janvier 2018. Les expérimentations lancées à travers la ZAD se pérénisent pour une partie d’entre elles, en optant pour des dispositifs juridiques légaux.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Lutter / protéger / préserver

Les ZADistes de Notre-Dame des Landes revendiquent et expérimentent des manières plus douces d’interagir avec les milieux, notamment à travers le maintien d’une agriculture paysanne. Se sont inventées et tissées des formes de vies diverses, alternatives, auto-gérées, aspirant à une harmonie avec le territoire qu’elles occupent, sur le temps long.
Ce projet est à la fois politique, écologique et sociétal. Il expérimente d'autres formes d’organisation collective pour défendre d'autres manières d'habiter. La multiplicité des formes construites montre la diversité des possibilités d’habiter et de bâtir, résultat d’une inventivité architecturale, manuelle, bricoleuse et créative, favorisée par la stimulation collective de la ZAD et poussant les gens à se réapproprier l’acte de construire.

Mise en perspective

Pour dépasser le principe de la propriété privée et la possibilité du propriétaire, qu'il soit personne morale ou individu, de décider du devenir d'un lieu, des groupes de personnes expériment et remettent au goût du jour les principes de Communs. Des communs existent depuis plusieurs siècles, par exemple, dans le marais de Brière. Cet outil juridique pose cependant également questions, notamment au vu des transactions financières de cessions qu'il suppose.
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Projet miroir
©Reporterre

Depuis les années 1970 et 80, une série de grands projets sont dénoncés comme étant inutiles et contraires au bien commun. Ils sont liés à des ambitions économiques basées sur la consommation de masse (tourisme, distribution, production, mobilités, etc). Voir la carte des grands projets inutiles réalisée par le magazine Reporterre.
Des ambitions écologiques et politiques alternatives sont mises en avant, des actions symboliques et juridiques sont lancées par des citoyens mais peinent à stopper ces projets.

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Groupement Régional des Aires Educatives de Bretagne
Concepteurs
l’OFB, la Région Bretagne, la DREAL Bretagne, l’Académie de Rennes, le REEB, l’URCPIE et l’Agence Bretonne de la Biodiversité

Lieu
65 lieux en Bretagne

Date
depuis 2018

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Médiation / Pédagogie

Modalité d'adaptation
Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

En quoi consiste le projet ?

Le groupement régional des aires éducatives de Bretagne regroupe des institutions et associations actives sur les sujets de la pédagogie et de la biodiversité.
« L’objectif de ce projet pilote est de travailler de façon partenariale pour structurer l’accompagnement des acteurs souhaitant s’investir dans le développement d’Aires Éducatives (AE). Il s’agit ainsi d’organiser l’ingénierie et les outils déjà disponibles en Bretagne et d’en développer de nouveaux si besoin pour rendre cohérent et solide l’ensemble des projets d’AME bretonnes ».
Né aux Îles Marquises en 2012, le concept d’aire marine éducative (AME) est le fruit de l’imagination des élèves de l’école primaire de Vaitahu (Ile de Tahuata). Il s’agit désormains d’un programme éducatif et d’un label. L’idée est de rendre les enfants acteurs dans la protection de leur patrimoine environnemental et culturel le long des littoraux. Avec leur école, ils délimitent une petite zone marine à protéger après un état des lieux des espèces qui y vivent et des usages (tourisme, activités commerciales aux alentours, pêche etc.). Ils élaborent ensuite un cahier des charges qui fixe les objectifs pour préserver cet écosystème.
Le concept d’aire marine éducative est désormais présent à terre, avec les aires terrestres éducatives (ATE). Elles peuvent concerner une zones humide, une forêt, une rivière, un parc urbain, etc.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

La démarche d'aire éducative invite à apprendre différemment, en dehors d’une salle de classe. Les enfants sont amenés à tisser une relation intime avec le littoral, à se sentir individuellement engagés pour son bien-être. Et l’on protège toujours mieux ce que l’on connait et aime. De plus, les enfants deviennent force de projet. Le Conseil de la Mer des Enfants est le lieu où sont rapportés leurs travaux et observations aux adultes (élus, associations etc.). Un véritable partenariat est établi.

Mise en perspective




Projet miroir
©Toiledemer

Le réseau "toile de mer", en Bretagne, regroupe des initiatives pédagogiques liées à la mer, notamment les AME.

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Festival Sous l’Eau
Concepteurs
Association les Tempestaires soutenue par: Communauté de communes de Belle-Ile en Mer Région Bretagne Département du Morbihan Conservatoire du littoral Fondation grand ouest

Lieu
Belle-Ile en Mer

Date
depuis 2018

Milieux
Île / Milieu insulaire

Catégorie
Arts & Philosophie

Type de projet
Événement / Itinérance / Rencontre

Modalité d'adaptation
Se relier à l’invisible / Créer des brèches / Ressentir / Rêver / Éprouver / Être sensible

En quoi consiste le projet ?

Ce festival accueille, sur deux journées, artistes et scientifiques autour des beautés de l’univers sous-marin et de ses fragilités. L’objectif de l'association des Tempestaires est de raconter les océans à travers des œuvres singulières (cinéma, musique, photographie, litttérature, etc.) et des interventions qui stimulent l’imaginaire poétique, afin de sensibiliser à l’urgence environnementale.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Se relier à l’invisible / Créer des brèches / Ressentir / Rêver / Éprouver / Être sensible

« L’art mobilise là où le documentaire analyse ». C’est le manifeste de ce festival qui choisit de mobiliser autour du sujet des fonds-marins et du changement climatique. Les Tempestaires sont convaincus que l’on agit et que l’on protège lorsque l’on est conscient du caractère exceptionnel d’un territoire terrestre et sous-marin.

Mise en perspective

Le Festival sous l'eau est l'occasion de projeter et de voir des films peu connus, comme "In the love for corals", très beau film de Sonia Levy, sur lequel Klima a écrit un article.


Projet miroir
©LesHarmoniesInvisibles

Autre initiative bretonne qui associe mer et cinema:
l’association Salée organise des projections pour raconter l’univers de la mer au cinéma.
Les projections salées sont suivies d’un moment d’échange qui invite le public à partager ses émotions et ses connaissances sur l’univers maritime.

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Initium Maris
Concepteurs
Nicolas Floc’h, artiste, avec la Fondation de France, l’Université du Littoral Côte d’Opale, l’Université de Lille, le CNRS, UMR 8187 - LOG - Laboratoire d’Océanologie et de Géosciences, le Muséum national d’Histoire naturelle - Concarneau, Ifremer, le Centre d’art contemporain - Passerelle et l’association Cap vers la nature.

Lieu
Littoral breton, de St Malo à St Nazaire

Date
2018-21

Milieux
Dans l’eau / Mer / Milieu marin

Catégorie
Arts & Philosophie

Type de projet
Création artistique

Modalité d'adaptation
Se relier à l’invisible / Créer des brèches / Ressentir / Rêver / Éprouver / Être sensible

En quoi consiste le projet ?

L’artiste Nicolas Floc'h longe les côtes et îles bretonnes afin de représenter les paysages et habitats sous-marins. Ses nombreuses photographies en constitueront une représentation inédite à une époque donnée (2018-21) avec les activités humaines qui s’y inscrivent (aquaculture, pêche, ouvrages portuaires, archéologie sous-marine, activités civiles ou militaires…). Cette mission est menée en collaboration avec un consortium scientifique qui rendra possible une contextualisation des images.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Se relier à l’invisible / Créer des brèches / Ressentir / Rêver / Éprouver / Être sensible

Ce projet révèle l’importance d’explorer le monde sous-marin d’un point de vue artistique car il génère de nouvelles représentations de ces milieux trop souvent mal connus ou perçus uniquement à travers le prisme d’études scientifiques.
Ces photographies, loin de figer une représentation du paysage sous-marin, nous ouvrent vers d’autres perceptions de ces mondes invisibles, de ces espaces souvent oubliés, très fragilisés par nos activités humaines et en première ligne du changement climatique.

Mise en perspective

Le travail photographique de Nicolas Floc'h l'amène à plonger au large de la Bretagne, mais aussi en Méditerranée, au large du Japon, ou encore dans le fleuve Mississipi. Il photographie les fonds marins en grand angle. Chaque photographie donne à voir un paysage d'une vingtaine de mètres de large, présenté en noir et blanc. Nicolas Floc'h s'inscrit dans l'héritage des premiers photographes des grands espaces américains.

Nicolas Floch documente par ailleurs la couleur de l'eau par des séries de photographies. En plus de créer une succession d'images monochromes belles et inattendues, qui rappellent des peintures abstraites, ces séries de photographies renseignent, à un endroit donné, sur les élements, organismes, composés chimiques, présents dans la colonne d'eau, dans l'océan, les rivières et les estuaires.

Projet miroir
©Coloco.org

Nous rapprochons Initum Maris du Plan de paysage sous-marin orchestré par le Parc National des Calanques et réalisé par les paysagistes de Coloco. C’est la première fois que la thématique du paysage marin est prise en compte dans les plans de paysage et les plans de fabrication du territoire. En reconnaissant à travers ce processus le monde marin comme un paysage à part entière, cette approche permet de penser le paysage dans sa continuité de la terre jusque sous la mer. Notre perception de ce qui fait paysage s’est depuis longtemps trop souvent réduite à ce que nous voyons et expérimentons sur la surface terrestre.

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Programme Art et Sciences du laboratoire BeBest
Concepteurs
Laurent Chauvaud et le laboratoire BeBest

Lieu
Brest

Date
depuis 2016

Milieux
Dans l’eau / Mer / Milieu marin

Catégorie
Arts & Philosophie

Type de projet
Recherche / Expérimentation

Modalité d'adaptation
Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

En quoi consiste le projet ?

Le Laboratoire franco-québécois BeBEST centre ses recherches sur l’écologie côtière. Il regroupe sciences de l’ingénieur et sciences de l’environnement. BeBEST associe des artistes à ses missions depuis 10 ans et interroge les liens entre recherche et création, comme à l’occasion du projet SONARS.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

Les artistes donnent ici à voir ou à entendre leurs approches de la mer et des fonds marins, et montrent la recherche scientifique en train de se faire. Plutôt que de monter des travaux communs entre artistes et scientifiques, le laboratoire BeBEST à choisi de permettre une cohabitation entre les deux domaines de pensée lors des missions exploratoires. Ces regards scientifiques et artistiques s’influencent les uns les autres et donnent à voir et à entendre des productions qui débordent dans l’un ou l’autre des domaines, à la manière de croisements fertiles.

Mise en perspective

Le regard d’un artiste peut toucher d’autres publics que celui d’un scientifique, tel est le pari du laboratoire BeBest et d’autres programmes croisant arts et sciences.
Attribuer l’accès aux émotions aux artistes et ranger les scientifiques du côté de la raison mérite toutefois d’être dépassé pour (faire) ressentir et comprendre à travers des voies multiples, plurielles et croisées.
Il paraît également important de (faire) connaître les changements des écosystèmes qui nous entourent et pas seulement ce qui est loin et symbolique (glaciers, coraux, baleines) : pourquoi ne pas croiser les travaux de scientifiques et d’artistes en rade de Brest ?

La barre d’Etel et autres sentiments océaniques
Concepteurs
Vincent Courtois et Aline Pénitot

Lieu
Etel

Date
2018

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Arts & Philosophie

Type de projet
Création artistique

Modalité d'adaptation
Se relier à l’invisible / Créer des brèches / Ressentir / Rêver / Éprouver / Être sensible

En quoi consiste le projet ?

La barre d’Etel est un prolongement sous-marin du cordon dunaire situé à l’entrée de la ria du même nom. Ce banc de sable évolue constamment et les marées participent à façonner ce paysage mouvant. Le violoncelliste improvisateur Vincent Courtois et la navigatrice et compositrice électro-acoustique Aline Pénitot ont créé un documentaire radiophonique pour explorer la fascination portée à ce lieu.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Se relier à l’invisible / Créer des brèches / Ressentir / Rêver / Éprouver / Être sensible

Ce projet met en lumière le "sentiment océanique", sensation de faire corps avec le paysage. Il rend compte des émotions qui nous dépassent, au rapport physique, spirituel voire mystique, que l’on peut ressentir dans un lieu, un paysage, un rivage.
Ce projet souligne le pouvoir de ces paysages particuliers qui transforment et amplifient notre rapport au monde. Il positionne également la musique et le sonore comme accès privilégié à la mémoire profonde et au ressenti.

Mise en perspective

Aline Penitot a poursuivi ce documentaire radiophonique par une série documentaire diffusée en 2020 sur la radio France Culture et dédiée au sentiment océanique. Etel en est l'un des quatre chapitres.

Projet miroir
©VincentCourtois

L’écoute de West, magnifique album du violoncelliste Vincent Courtois, composé dans la ria d’Etel.


Lien du projet miroir

Parchemins
Concepteurs
UMR LISIS, UMR SAS, IREPS, CRESEB soutenus et co-financés par la Fondation de France, le Conseil régional de Bretagne, l’INRAE, l’Université de Bretagne Occidentale et Agrocampus Ouest

Lieu
Bretagne

Date


Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Recherche / Expérimentation

Modalité d'adaptation
Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

En quoi consiste le projet ?

Parchemins donne la parole aux agriculteurs travaillant en zone littorale, alors que l’activité agricole dans les territoires littoraux bretons fait face à une remise en question importante : les crises répétées qui touchent des filières animales et légumières, les inquiétudes et critiques associées aux pollutions diffuses d’origine agricole (pollutions de l'eau et algues vertes sur les plages), les tensions sur l’installation et la pression foncière. Il est fondé sur l’implication de chercheurs relevant de différentes disciplines et sur un partenariat fort avec les acteurs institutionnels locaux et la société civile.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

Ce programme de recherche nous intéresse pour plusieurs aspects. D’abord il identifie les dynamiques spécifiques à l’agriculture littorale et rend compte de leurs diversités. Ensuite, il rend disponible et vivante la parole et l’expérience des agriculteurs travaillant en zone littorale, auprès d’une large audience, notament grâce aux diffusions de reportages radiophoniques. Enfin, il crée des espaces de rencontre et de dialogue informels entre agriculteurs et autres groupes sociaux et professionnels impliqués. Il croise les données et les usagers du littoral par des méthodes ethnologiques.

Mise en perspective

Les initiatives collectées et recencées par Klima rendent compte pour plusieurs d'entre elles de projets de collectif de paysans. Les changements de pratique de la profession agricole, nécessaires à notre résilience collective, tiennent cependant en grande part de changements globaux de sociétés, de modèles de consommation et de revalorisation du travail manuel et basé sur le vivant. La coopérative L'Atelier paysan explicite clairement ce contexte dans l'ouvrage "Reprendre la terre aux machines" (éd. Seuil).

Projet miroir
©InèsLéraud

L'agriculture intensive en Bretagne, littorale ou non, suscite l'attention des scientifiques et des médias depuis de nombreuses années du fait de l'usage d'intrants en grande quatité, qui génèrent une pollution de l'eau des rivières et la prolifération d’algues vertes sur les plages. La journaliste Inès Léraud revient sur ces différentes enquêtes judiciaires et médiatiques dans la bande-dessinée qu’elle a co-réalisée, "Algues vertes, une histoire interdite", en 2019.

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Réseau Agricole des Iles Atlantiques
Concepteurs
Associations d’agriculteurs et de citoyens / Agriculteurs / coopératives et porteurs de projets agricoles / Collectivités insulaires

Lieu
Iles de la façade Atlantique

Date


Milieux
Île / Milieu insulaire

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Acteurs / Mise en réseau

Modalité d'adaptation
S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

En quoi consiste le projet ?

L’activité agricole décline dans les îles. Pourtant, l’agriculture de proximité offre emplois pérennes et saisonniers, maintien de la biodiversité des milieux ouverts, entretien des paysages, circuits-courts, lien social et lien à la terre, etc. Partageant ce constat, des groupes de professionnels agricoles et de citoyens ont vu le jour sur plusieurs îles de la façade atlantique française. Ils ont créé en 2011 le Réseau Agricole des Iles Atlantiques (RAIA), dans l’objectif de faciliter le maintien et le développement durable de l’agriculture dans les îles.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

La création du réseau RAIA s’inscrit dans une dynamique de transition agricole et alimentaire des territoires insulaires et oeuvre pour : développer l’entraide et partager les expériences et les réflexions; sensibiliser et mobiliser les différents acteurs concernés par l’agriculture insulaire; défendre et faire reconnaître les spécificités liées à l’insularité; assurer un rôle de médiation et d’accompagnement des projets agricoles locaux; développer une analyse prospective du champ à l’assiette et sur le long terme.

Mise en perspective

L’adaptation aux changements climatiques pose la question de la résilience d’un territoire, notamment à travers son système agricole et son lien à l’espace. Plus le lien à l’espace est fragile, par exemple une forte dépendance des cultures en eau, plus la résilience sera difficile.
La question agricole et alimentaire, c’est aussi la question de l’eau douce et de l’énergie. Quelles sont les conséquences des changements en cours sur ces deux flux essentiels à notre société et à son fonctionnement ?

Coopérative Passeurs de Terre
Concepteurs
Association Terre de Liens Pays de la Loire CIVAM Pays de la Loire CAB Pays de la Loire Coordination LPO Pays de la Loire AFOCG

Lieu
Pays de la Loire

Date


Milieux
Dans les terres / Rivières / Forêts / Milieu terrestrev

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Outil juridique et réglementaire

Modalité d'adaptation
S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

En quoi consiste le projet ?

Passeurs de terres est une société coopérative régionale d’acquisition et de gestion du foncier agricole, issue de l’association Terre de Liens. A partir de la souscription financière de citoyens, similaire à la souscription d’actions, la foncière acquiert des terrains agricoles mis en vente par des agriculteurs prenant leur retraite, et assure le maintien d’une activité agricole. Elle contracte ensuite des baux avec de nouveaux exploitants, sans terre, qui pratiquent une agriculture biologique.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

Passeurs de Terre s’appuie sur une gouvernance et une gestion citoyennes. Ces citoyens ont choisi d’agir pour le maintien d’une agriculture paysanne qui respecte la biodiversité et pour le maintien d’un usage du sol indépendant de la loi des marchés.

Mise en perspective

Doit-on collectivement racheter les biens communs pour qu’ils restent à l’usage de tous, humains et non humains?
Question qui soulève de nombreuses controverses, comme en témoigne cet article de la revue Terrestres.

Adapto - site de la baie de Lancieux
Concepteurs
Conservatoire du Littoral, BRGM et communauté de communes de Côte d’émeraude Avec le soutien de l’Union européenne, l’Office français pour la biodiversité, les Agences de l’eau, la Fondation de France, la Fondation Total

Lieu
Baie de Lancieux

Date


Milieux
Estuaire / Delta / Marais / Lagune / Milieu saumâtre

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Approche par le paysage / Penser avec le vivant

Modalité d'adaptation
Recomposer autrement / Penser avec la profondeur du territoire / Retisser les liens / Prendre en compte les interdépendances

En quoi consiste le projet ?

La Baie de Lancieux est l’un des 10 sites du projet Adapto. Au fil des années ont été construits digues (des Moines, de la Roche, de Beaussais) et canaux d’irrigation pour développer l’agriculture. Aujourd’hui l’eau de mer peut passer au-dessus de ces digues en cas de grande marée ou de tempête. Le conservatoire du littoral a lancé en 2015 une réflexion sur de nouvelles formes d’aménagement pour anticiper l’élévation du niveau de la mer. Laisser rentrer l’eau salée dans les marais rétro-littoraux, de façon maîtrisée, offre une nouvelle zone d’expansion pour la mer, absorbant une partie de son énergie lors des tempêtes, et réduit le coût de création et d’entretien des ouvrages de protection.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Recomposer autrement / Penser avec la profondeur du territoire / Retisser les liens / Prendre en compte les interdépendances

Adapto expérimente des "solutions basées sur la nature" pour anticiper la hausse du niveau marin. Les 10 sites représentent les différents faciès du littoral français (estuaire, milieu dunaire, polder, marais, mangrove, etc.).
Adapto met en avant les milieux d’interface terre-mer et leur pouvoir de barrières naturelles vis-à-vis des invasions marines (érosion, submersion). Ces milieux naturels, s’ils sont préservés, sont des systèmes de défense efficaces, et peuvent également rendre d’autres services écosystémiques, comme permettre la "valorisation éco-touristique" de ces espaces littoraux transformés.

TOWT (TransOceanic Wind Transport) et le label ANEMOS
Concepteurs
Guillaume le Grand et Diana Mesa

Lieu
Douarnenez

Date


Milieux
Dans l’eau / Mer / Milieu marin

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Mode de déplacement / Cheminement / Passage

Modalité d'adaptation
Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

En quoi consiste le projet ?

TransOceanic Wind Transport est une société bretonne spécialisée depuis 2011 dans le transport de marchandises à la voile. En s’appuyant sur l’héritage des routes maritimes et d’anciens voiliers de travail, elle remet au goût du jour un mode de transport écologique qui répond aux problématiques environnementales actuelles et futures. La société s’apprête aujourd’hui à changer d’échelle avec la mise à l’eau et l’exploitation d’une première flotte de voiliers-cargos neufs. Anemos est le label de transport créé par TOWT qui garantit cette navigation décarbonnée par la société.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

L’énergie vélique permet le transport de marchandises au niveau régional et international tout en limitant considérablement les émissions de CO2.

Mise en perspective

La mer est le plus grand vecteur de transport de marchandises. L’essentiel des activités de fret reposent cependant sur l’utilisation d’énergies fossiles.
Reconsidérer l’énergie vélique comme une alternative sérieuse et écologique aux hydrocarbures revient à revoir les bases de la logistique en mer: types de bateau, formations des marins, attentes des clients.

Finis Terrae
Concepteurs
Association Finis Terrae, fondée par Marcel Dinahet et Célia Crétien Conseil départemental du Finistère Conseil régional de Bretagne Direction régionale des affaires culturelles de Bretagne

Lieu
Ile d’Ouessant

Date


Milieux
Île / Milieu insulaire

Catégorie
Arts & Philosophie

Type de projet
Création artistique

Modalité d'adaptation
Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

En quoi consiste le projet ?

Depuis 2008, Finis Terrae et le Conseil départemental du Finistère proposent à des artistes plasticiens et à des critiques d’art une résidence d’un mois au sémaphore du Créac’h sur l’île d’Ouessant, visant à accompagner une réflexion, une action artistique ou une production d’œuvre abordant des problématiques liées à la mer, au littoral, au paysage, ou encore à l’insularité. Les artistes bénéficient d’un logement meublé et équipé ainsi que d’une salle de travail, situés dans le sémaphore, propriété du Conseil départemental.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

Le centre d’art insulaire Finis terrae invite des artistes de tous horizons à prendre un temps de recul, face à la mer, au sein de cet ultime bâtiment avant l’Amérique.

Mise en perspective

L’association Finis Terrae s’ouvre sur d’autres espaces maritimes ou littoraux et sur des îles dans le monde. La "résidence tempête" dans les refuges de l’île de Molène et la "résidence mer calme" dans le bateau/atelier de l'artiste Nicolas Floc’h, ont par exemple accueilli leurs premiers résidents en 2020.

En attendant la mer
Concepteurs
Association A-R-T (Atelier de recherche temporelle)

Lieu
Littoral Atlantique, entre la Vendée et le Haut-Médoc

Date


Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Événement / Itinérance / Rencontre

Modalité d'adaptation
Apprendre à vivre avec / Porter attention au réel / Prendre en compte les transformations, les rythmes et les seuils

En quoi consiste le projet ?

Ce Webdoc révèle la trace de quelques uns des anciens rivages atlantiques dont la localisation, parfois dans les terres, parfois en mer, montre la mobilité de la mer et laisse imaginer ce que seront les rivages de demain.
Trois scientifiques et trois photographes ont cheminé sur les traces de ces anciens rivages de la mer : les falaises mortes du Sud Vendée, les paléo-rivages du Haut Médoc ou encore un ancien havre en Charente-Maritime. Ces dialogues in situ ont fait l’objet d’une retranscription accompagnée des photographies prises lors des visites.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Apprendre à vivre avec / Porter attention au réel / Prendre en compte les transformations, les rythmes et les seuils

En attendant la mer part du constat que le rivage a énormément bougé dans l’histoire, qu’il bouge aujourd’hui avec l’érosion marine et qu’il bougera encore plus sous l’effet de l’élévation du niveau de la mer. Or, de nombreuses questions se posent sur l’attitude que nous devons avoir vis-à-vis de cette évolution inéluctable : faut-il se défendre coûte que coûte contre la mer ou commencer à réfléchir autrement ? A-R-T pense que le débat public doit se nourrir de l’histoire.

Mon bord de mer
Concepteurs
Aude Sirvain, photographe; Mission France(s) territoire liquide

Lieu
Lorient - Vannes

Date


Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Arts & Philosophie

Type de projet
Création artistique

Modalité d'adaptation
Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

En quoi consiste le projet ?

Aude Sirvain a transposé des images de maisons, depuis leur contexte urbain de départ, jusqu’à un lieu idyllique. Ayant demandé à des habitants du Morbihan quel serait l’emplacement idéal de leur maison, elle a ensuite photographiquement déplacé l’image de leur maison actuelle jusqu’au lieu de leurs rêves. En combinant plusieurs photographies distinctes pour fabriquer cet endroit fantasmé, Aude Sirvain crée une image proche du mirage en train d’apparaître sous nos yeux.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

Les observatoires photographiques du paysage, dans la lignée des missions photographiques de la DATAR, ont permis de documenter les transformations des paysages d’aujourd’hui par rapport au passé. Aude Sirvain propose une vision inverse, tournée vers un futur fantasmé.

Mise en perspective

Dans « mon bord de mer » toutes les personnes interrogées ont proposé un lieu de vie idéal sur le littoral, s’inscrivant dans une représentation du rapport à la mer à travers l’unique prisme de l’imaginaire balnéaire. Comment montrer d’autres rapports à la mer et d’autres imaginaires liés à ce milieu ? Comment susciter d’autres imaginaires ?

© Aude Sirvain
© Aude Sirvain
© Aude Sirvain
Vivos
Concepteurs
Compagnie Le Sonar Belén Cubilla et Benoît Plouzen Morvan

Lieu
Brest

Date


Milieux
Dans l’air / Immatériel

Catégorie
Arts & Philosophie

Type de projet
Création artistique

Modalité d'adaptation
Se relier à l’invisible / Créer des brèches / Ressentir / Rêver / Éprouver / Être sensible

En quoi consiste le projet ?

Vivos est une pièce théâtrale qui est partie de réflexions sur l’eau, sa représentation mythologique, sa mémoire.
« Ainsi si nous considérons que l’humain est fait de 70 % d’eau, il devient donc un réceptacle, une éponge à tout ce qui l’entoure. Nous plongeons ainsi dans la condition humaine et tentons de montrer comment nous sommes influencés par notre environnement. Nous réfléchissons à l’état actuel de l’homme occidental, qui semble mal dans sa peau et qui perd ses repères éloigné de son essence. »

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Se relier à l’invisible / Créer des brèches / Ressentir / Rêver / Éprouver / Être sensible

A travers Vivos, la compagnie Le Sonar s’applique à mettre en avant les émotions, les bouleversements que l’on peut connaître, à proposer d’autres manières d’êtres vivants. Elle invite à prendre conscience des bulles dans lesquelles on s’enferme, des cloisonnements que l’on dresse entre « moi, mon petit monde qui va bien » et le monde. Pour aborder cette complexité entre soi et le monde, on a besoin d’allers-retours, de sensations, d’associations idées.

"Courir sur le dos d’une baleine la nuit pour devenir un homme.
Nager vers l’horizon sans se retourner.
Transformer l’eau de mer en eau douce.
Naître en pleine mer.
Chercher l’inconnu".

Mise en perspective

Vivos est un spectacle à venir.
C’est quoi être vivant aujourd'hui ?

Passerelle de la belle Henriette
Concepteurs
D’Ici-là paysages & territoires; Conseil Régional des Pays de la Loire

Lieu
La Tranche-sur-Mer

Date
2019

Milieux
Estuaire / Delta / Marais / Lagune / Milieu saumâtre

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Mode de déplacement / Cheminement / Passage

Modalité d'adaptation
Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

En quoi consiste le projet ?

C’est une passerelle construite dans la réserve naturelle de la casse de la Belle Henriette, pour approcher l’eau en toute sécurité tout en préservant les écosystèmes. Le tracé courbe épouse la Dune du Platin afin de proposer le cheminement le plus doux possible dans cette lagune fragile, qui évolue au gré des tempête, en particulier suite à la tempête Xynthia en 2010.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

C’est une passerelle submersible, en partie mobile, qui s’adapte à un sol mouvant et qui régule les flux de visiteurs. Elle trace un nouveau parcours pour découvrir la réserve naturelle tout en la préservant par la légereté et réversibilité partielle du dispositif.

Mise en perspective

Comment penser les équipements dans un paysage changeant et fragile?

© Pierre-Yves Brunaud
© Pierre-Yves Brunaud
© Pierre-Yves Brunaud
Pont roulant
Concepteurs


Lieu
Saint-Malo

Date


Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Architecture & Manières d’habiter le territoire

Type de projet
Mode de déplacement / Cheminement / Passage

Modalité d'adaptation
Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

En quoi consiste le projet ?

Pont roulant ou pont mobile qui reliait Saint-Malo à Saint Sevran, il fonctionnait à l’aide de rails au sol et d’une machinerie avec chaines métalliques. Il permettait de transporter 50 personnes à marée basse et à marée haute.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

Il s’agit d’un dispositif de traversée conçu en réponse aux marées. Objet amphibie, à la fois fragile et audacieux, ce pont roulant invitait au voyage et à une traversée sur la pointe des pieds sans détruire les écosystèmes attenants. Il était léger, réversible et ne bloquait pas l’eau.

Mise en perspective

St Malo est un exemple de secteur urbain, constitué historiquement de promontoires rocheux et de zones basses sableuses, qui s’est progressivement homogénéisé, remblayé et rigidifié (digues, écluse, etc.). Vers un retour d’équipements hybrides pour traverser la mer sans bloquer l’eau ?

Classes de mer
Concepteurs
Jacques Kerhoas (fondateur) Association Nautisme en Bretagne Région Bretagne

Lieu
Moulin-Mer à Logonna-Daoulas

Date


Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Médiation / Pédagogie

Modalité d'adaptation
Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

En quoi consiste le projet ?

Imaginées et lancées et Bretagne dans les années 1960, les classes de mer font aujourd’hui partie du paysage scolaire. Pourtant, organiser la classe en bord de mer était une réelle innovation, faisant de la Bretagne une pionnière par sa nouvelle manière d’appréhender le littoral. « Que la mer soit ou non son destin, l’enfant ne peut ignorer ce qui fait l’essentiel de sa planète. » disait J. Kerhoas. Les classes de mer sont aujourd’hui un réseau d’organismes liés au nautisme répondant à une même charte pédagogique.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

Cette initiative permet de tisser des liens intimes entre les enfants et la mer. Même en Bretagne, l’accès à la mer, la découverte du littoral, du nautisme et des métiers de la mer, ne sont aujourd’hui pas offerts à tous les enfants.

Mise en perspective




Projet miroir
©AtlanticYouth

Bien implantées en Bretagne, les classes de mer restent marginales à l’échelle française et méconnues hors des frontières hexagonales. Aussi, la naissance d’une coopération européenne pour développer une «maritimité» commune et s’approprier le littoral et ses enjeux est intéressante. C’est l’objet du projet "Atlantic Youth" qui est l’œuvre commune de 6 partenaires français, espagnols, portugais, irlandais et anglais.

Lien du projet miroir

Mars 709
Concepteurs
Angélique Lecaille-Guilbert, artiste, avec le soutien de la Communauté de Communes Baie-du-Mont-Saint-Michel, de la DRAC Bretagne, du Département d’Ille-et-Vilaine et de l’Education nationale

Lieu
Roz-sur-Couesnon

Date


Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Arts & Philosophie

Type de projet
Création artistique

Modalité d'adaptation
Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

En quoi consiste le projet ?

Série de dessins inspirée par la légende de la forêt de Scissy qui aurait occupé la Baie du Mont Saint-Michel avant d’être anéantie par un raz-de-marée en l’an 709 conférant ainsi au Mont son caractère insulaire.
"Dans l’histoire du paysage, la forêt est généralement perçue comme un espace naturel et sauvage, mais également comme un espace sacré. Ainsi elle peut être la scène de mythes et de légendes la situant dans cet interface nature/culture."
Pour ce travail, Angélique Lecaille-Guilbert a bénéficié d'une résidence-mission au sein du groupe scolaire La Boussac, du pays de Dol.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

A partir de matériaux simples, la mine de plomb et le graphite, Angélique Lecaille-Guilbert crée des dessins au caractère énigmatique, dérangeant, qui poussent aux questionnements.
Elle invite à rappeler et transmettre la légende de la forêt de Scissy, tout en cherchant à la réinterpréter.
" Par le croisement des connaissances scientifiques et des croyances populaires, je traduis par le récit et la fiction, l’impact de certains phénomènes naturels sur les relations qu’entretiennent les sociétés avec leurs paysages, les spéculations et croyances que certains phénomènes engendrent."

Projet miroir
© L'expérience de l'arbre

L'arbre et la catastrophe que constitue un tsunami pour l'homme nous font aussi penser à "l'expérience de l'arbre", projet théâtral entre la France (Rennes) et le Japon (Kyoto). Lors du tsunami de 2011 au Japon, alors que tous les arbres d’une forêt de pins de près de 70 000 arbres ont été déracinés sous la force des vagues, un seul arbre est resté debout. Il est surnommé « Le pin du miracle » et rappelle un autre arbre survivant de la bombe d'Hiroshima, symbole au Japon. La pièce de Simon Gauchet et Tatsushige Udaka porte sur cet unique arbre, qui devient vecteur de mémoire et sujet de transmission.

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Festival Si la Mer Monte
Concepteurs
Association Effet Mer

Lieu
Ile-Tudy

Date


Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Arts & Philosophie

Type de projet
Événement / Itinérance / Rencontre

Modalité d'adaptation
Composer avec l’incertitude / Prendre en compte l’impermanence et l’indéterminé

En quoi consiste le projet ?

L’idée des initiateurs: un festival qui s’appellerait "Si la Mer monte", résolument ancré sur les problématiques de la montée des océans et du dérèglement climatique , mais qui se voudrait non anxiogène car doublé d’un riche volet musical et artistique. Le festival "Si la mer monte" se tient quasi chaque année depuis 2009, à l’Ile-Tudy, presqu’île finistérienne très vulnérable à la montée des eaux et qui deviendra tôt ou tard une île.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Composer avec l’incertitude / Prendre en compte l’impermanence et l’indéterminé

Le festival, ouvert à tous, invite à se projeter dans un futur où le niveau de la mer est plus haut, en adoptant un point de vue non catastrophiste. Chaque édition est jumelée avec une ville ou un territoire confronté à la montée du niveau de l’eau.

Projet miroir
© Deniz Schneider

La montée des eaux ou l’inondation est le sujet de plusieurs manifestations ludiques, comme "jour inondable" de la Folie kilomètre, en bord de Loire.

Lien du projet miroir

Plages Vivantes
Concepteurs
Museum National d’Histoire Naturelle Fondation de France Région Bretagne Vigienature, Planète Mer, CPIE Basque, IMA, Bretagne Vivante, Les Glénans, Esprit Nat’ure, Centre de la Mer de Biarritz

Lieu
Façade Manche, Atlantique, Méditerranée

Date


Milieux
Dans l’eau / Mer / Milieu marin

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Recherche / Expérimentation

Modalité d'adaptation
Composer dans un monde multispécifique / Régénérer et préserver les pouvoirs du vivant

En quoi consiste le projet ?

Le programme « Plages Vivantes » est un observatoire participatif de la biodiversité des hauts de plages pour mieux comprendre et prédire les effets des changements globaux et locaux. En hauts des plages s’accumulent une multitude de débris (bois, coquillages, algues arrachées, organismes marins, déchets anthropiques…), qui forment les laisses de mer. Cet habitat au rôle écologique clé, est soumis à de profonds changements d’origine anthropique (pollution, ramassage de ces laisses…) et climatique, qui modifient sa composition, son fonctionnement et sa dynamique naturelle, et affectent la conservation d’espèces emblématiques qui lui sont liées. Documenter et comprendre ces changements pour mieux conserver cet écosystème, là est tout l’enjeu de Plages Vivantes.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Composer dans un monde multispécifique / Régénérer et préserver les pouvoirs du vivant

Plages Vivantes fait appel à des participants d’horizons divers (scolaires, usagers des plages, naturalistes, gestionnaires d’espaces…), qui ne sont pas nécessairement scientifiques professionnels, pour répondre à des questions de recherche sur l’écosystème des hauts de plages. Un pôle de recherche dédié aux humanités environnementales a pour ambition d’améliorer la compréhension des mécanismes d’appropriation des enjeux de conservation du littoral par les citoyens.

Mise en perspective

Les usages, pratiques et perceptions liés aux laisses de mer ont évolué dans le temps et constituent aujourd’hui un objet d’étude privilégié pour comprendre le rapport sensible au littoral, à sa gestion comme à sa patrimonialisation. Des enjeux socio-économiques, fonctionnels et patrimoniaux se concentrent sur les hauts de plage. Il existe une tension entre une patrimonialisation écologique de l’écosystème et une patrimonialisation à visée touristique qui souhaite proposer aux vacanciers une plage dite «propre».

Plankton Planet
Concepteurs
partenaires académiques (CNRS, MIT, Stanford University, University of Maine, University of Auckland) et citoyens (Fondation Tara Océan; Association Plankton Planet)

Lieu
Roscoff

Date


Milieux
Dans l’eau / Mer / Milieu marin

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Recherche / Expérimentation

Modalité d'adaptation
Composer dans un monde multispécifique / Régénérer et préserver les pouvoirs du vivant

En quoi consiste le projet ?

Comment tirer parti de la curiosité et de la créativité des marins et des scientifiques pour prélever du plancton océanique à des échelles sans précédent, afin d’évaluer en profondeur la santé, la biodiversité et l’évolution des océans?
L’équipe développe depuis 2018 une suite d’outils et de protocoles simples qui permettront aux citoyens de générer des données écologiques, morphologiques et génétiques de pointe sur l’océan mondial. Le kit Plancton Planète final sera distribué à un coût réduit, ce qui permettra son déploiement sur des centaines de voiliers.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Composer dans un monde multispécifique / Régénérer et préserver les pouvoirs du vivant

L’association de scientifiques, de « makers », de marins, de citoyens est ici représentative de nouvelles manières de faire de la science et d’élargir les connaissances, si possible à moindre coût et appropriable par le plus grand nombre.

Mise en perspective

Un litre d’eau de mer contient entre 10 et 100 milliards de formes de vie planctoniques, formant un extraordinaire écosystème qui génère environ 50% de l’oxygène planétaire, soutient la vie marine, et régule le climat. Cet écosystème se transforme rapidement sous la pression des changements climatiques : réchauffement, acidification et dé-oxygénation des masses d’eau marine, en plus des changements de courants, de la surpêche et des pollutions en provenance des côtes. Les transformations de l’écosystème ‘plancton’ vont avoir un impact majeur sur de nombreuses activités humaines (pêche, tourisme, etc.), mais avant tout sur notre biosphère.

MADABREST
Concepteurs
association MADABREST

Lieu
Brest

Date
depuis 2019

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Lieux / Espaces partagés

Modalité d'adaptation
S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

En quoi consiste le projet ?

MADABREST (Maison de l'alimentation durable à Brest) est un tiers-lieu en devenir, dédié à la construction collective des solutions pour améliorer l'accès des habitantes et habitants de Brest Métropole à une alimentation durable. L'association propose une programmation d'événements en lien avec l'alimentation. Elle conseille également collectivités, institutions et porteurs de projets sur les enjeux de la démocratie alimentaire.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

MADABREST cherche à améliorer l'accès à l'alimentation durable pour toutes et tous. Elle cherche aussi à améliorer l'information sur le système alimentaire et ses enjeux, afin que les gens soient en capacité d'agir et de peser dans les processus de décision.

Mise en perspective

La manière de se nourrir est révélatrice de la manière d'habiter un territoire. Le choix d'une agriculture intensive et d'une industrie agroalimentaire mondialisée mais aussi les modes de pêche, ont des conséquences sur les paysages (littoraux ou d'arrière-pays), sur les écosystèmes, sur les types d'emploi et sur le contenu des assiettes.

Projet miroir
© TED

L'architecte et urbaniste Carolyn Steel analyse les liens entre villes et alimentation et rappelle que l'alimentation occupe une place importante dans la construction de mouvements et de récits utopiques. Elle invite à ce propos à reconsidérer les villes comme des "sitopies", où l'alimentation retisserait des liens de proximité entre la ville et son hinterland.

Lien du projet miroir

CartoHECo et CoEHCO
Concepteurs
Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis, avec l'appui financier de financements européens (Life Marha, FEAMP), en collaboration avec l'OFB, la LPO et le bureau d’étude I-Sea

Lieu
Estuaire de le Gironde

Date


Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Recherche / Expérimentation

Modalité d'adaptation
Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

En quoi consiste le projet ?

CartoHECo (CARTOgraphie des Habitats bEnthiques COtiers du Parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des pertuis) permet de localiser et d'estimer les surfaces de trois habitats intertidaux (sur la zone de balancements des marées) que sont les herbiers de zostères naines, les champs de macro-algues sur platiers rocheux et les prés-salés. A l’échelle du Parc, seront produites : une cartographie actualisée à 2021 de ces trois habitats ainsi qu’une analyse historique de l’évolution surfacique des herbiers de zostères naines entre 2000 et 2020. Des images satellites sont utilisées, complétées par des observations sur le terrain.

CoEHCO (Connaissance et Evaluation de l’état des Habitats benthiques Côtiers) est mené en parallèle pour évaluer l'état écologique de ces trois habitats, ainsi que des hermelles.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

Ces programmes participent à mieux connaître les habitats côtiers du Parc naturel marin. Ce vaste espace marin présente des richesses naturelles remarquables sur trois grandes zones interdépendantes: les estuaires, le panache de la Gironde et les pertuis. Sous influence des eaux douces, cette aire marine présente une forte productivité planctonique, déterminante pour
la biodiversité. Les prés-salés, les récifs d’hermelles, les herbiers de zostères et les estrans meubles intertidaux jouent des rôles majeurs pour le fonctionnement des écosystèmes côtiers. Ils favorisent la biodiversité, la production primaire, fournissent des
ressources alimentaires, des espaces de repos ou de refuge pour de nombreux oiseaux et poissons.

Mise en perspective

Quel avenir pour ces habitats intertidaux avec le réchauffement climatique et l'élévation du niveau marin?

Il semble que peu de travaux traitent directement de cette question, qui est complexe et croise de nombreux paramètres non connus (évolution de la température de l'eau, vitesse de la fonte des glaces, niveau d'acidité, de turbidité, pollutions, espèces concurrentes, etc.)

D'autres projets de cartographie et de caractérisation de l'état écologique d'habitats marins intertidaux sont ou ont été menés: REBENT, VALMER, REEHAB, par exemple sur la côte atlantique.

LittoSIM
Concepteurs
Universités de La Rochelle, Tours, Grenoble, Limoges, Paris I /CNRS / IRD / Communauté de Communes de l’Île d’Oléron / Région Nouvelle Aquitaine / Fondation de France

Lieu
île d'Oléron

Date


Milieux
Île / Milieu insulaire

Catégorie
Architecture & Manières d’habiter le territoire

Type de projet
Projet de territoire / Gouvernance

Modalité d'adaptation
Apprendre à vivre avec / Porter attention au réel / Prendre en compte les transformations, les rythmes et les seuils

En quoi consiste le projet ?

LittoSIM est un dispositif expérimental mêlant une simulation de l’aménagement du territoire, une modélisation d’évènements de submersion et un jeu de rôles, à destination des acteurs locaux. Il a été conçu pour accompagner les communes et les intercommunalités dans une réflexion sur l’aménagement de leur littoral face au risque de submersion marine. Il se présente sous la forme d’un « jeu sérieux » se jouant à plusieurs sur tablette numérique. Pendant les quelques heures d’un atelier LittoSIM les participants s’attachent collectivement à la mise en place d’une stratégie de prévention efficace et coordonnée du risque submersion. La Communauté de Communes de l’Île d’Oléron a soutenu le projet et contribué à faire évoluer le dispositif. Il est aujourd'hui déployé sur d'autres littoraux français.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Apprendre à vivre avec / Porter attention au réel / Prendre en compte les transformations, les rythmes et les seuils

Le projet modélise les effets de submersion sur l’urbanisation et permet le transfert des acquis scientifiques aux acteurs en charge de la gestion des communes ainsi que la sensibilisation des publics concernés par les risques de submersion.
Par ailleurs, le jeu mime la réalité du terrain où les interventions des uns (aménagement, investissements, politique d’accueil des populations…) influent sur la réalité des autres. Ainsi les joueurs sont vite incités à collaborer du fait des interdépendances géographiques entre leurs territoires d’action. En outre, avec ses ressources propres limitées, chaque commune a besoin des autres pour mener à bien une stratégie globale de prévention et d’adaptation efficace face au risque.

Projet miroir
© CIREVE

D'autres projets ont pour objectif d'anticiper une submersion en la jouant ou en la modélisant. C'est le cas notamment du projet REVE COT développé par l'équipe de Stéphane Costa, à l'université de Caen, qui fait appel à la réalité virtuelle pour permettre aux spectateurs de se rendre compte de l'effet d'une submersion à un endroit donné.

Lien du projet miroir

L’escargot, la méduse et le bégonia
Concepteurs
Altitude 35 / Europan / Communauté d’agglomération Rochefort Océan

Lieu
Estuaire de la Charente

Date


Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Approche par le paysage / Penser avec le vivant

Modalité d'adaptation
Recomposer autrement / Penser avec la profondeur du territoire / Retisser les liens / Prendre en compte les interdépendances

En quoi consiste le projet ?

La session 15 du concours Europan proposait d'interroger le devenir de quatre sites à Rochefort, autour de la problématique de la ville productive. Rochefort a été fondée sur l'estuaire de la Charente, entre les marais, dans un rapport mouvant au paysage. C'est une ville usine depuis le 17è siècle, avec son arsenal (base navale et chantier naval), et, aujourd'hui, avec un acteur aéronautique comme Stelia.
Que deviennent l'estuaire et la ville dans la perspective de la montée des eaux?
À partir d’une vision cartographique à la grande échelle de l’estuaire de la Charente, l'équipe questionne les relations entre l’homme, les milieux (terrestre, marin, et végétal), les phénomènes naturels (marées) et leurs possibles utilisations énergétiques. À l’échelle du site de réflexion, le projet travaille avec l’eau et organise un repli de l’urbanisation. Au sein des espaces naturels et agricoles existants et nouvellement créés, sont intégrés des parcours de mobilité douces pour développer l’agro-tourisme. À l’échelle du secteur de l’Arsenal, le remaillage des espaces publics par les anciennes portes permet d’ouvrir la ville historique.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Recomposer autrement / Penser avec la profondeur du territoire / Retisser les liens / Prendre en compte les interdépendances

La fonte des glaciers et la dilatation de l’océan entraînent une élévation du niveau de la mer et modifient la physionomie de l’estuaire de la Charente, du trait de côte et de la ville de Rochefort. Depuis le Moyen-Age, l’homme a dressé des digues, drainé les terres humides pour assainir et étendre les surfaces cultivables et habitables. Dans ce projet, il s’agit d’organiser un repli stratégique en redonnant à l’eau toute sa place. Les espaces conquis par l’eau dessinent une nouvelle carte territoriale, atténuent le risque de submersion marine et participent au maintien des implantations humaines sur les points hauts. Les paysagistes d'Altitude 35 proposent de dépasser les fonctions «traditionnelles» de l’eau (agricoles, industrielles, commerciales ou touristiques), et en faire un vecteur de continuité urbaine et paysagère, et le ferment d’un projet culturel et de cohésion sociale et urbaine.

Mise en perspective

Reconnaître les paysages productifs est un enjeu important pour comprendre les interrelations entre activités humaines, milieux et paysages.
Cet enjeu se traduit par la nécessité de mener des enquêtes sur la perception et la représentation de ces paysages productifs, mais aussi sur la manière dont ces paysages évoluent ou vont évoluer avec le changement des conditions climatiques.

Projet miroir
© Mathieu Duperrex

Mathieu Duperrex a mené ce type d'enquêtes, dans les deltas du Rhône et du Mississippi, autour des sédiments et de l'activité pétrolière, racontée dans son ouvrage Voyages en sol incertain.

Lien du projet miroir

Maison RoZo
Concepteurs
Clémence Cazenave (Caz'Eco) et Mireille Avril (RizHome)

Lieu
Savenay, Loire-Atlantique

Date


Milieux
Dans les terres / Rivières / Forêts / Milieu terrestre

Catégorie
Architecture & Manières d’habiter le territoire

Type de projet
Architecture / Design / Technique

Modalité d'adaptation
Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

En quoi consiste le projet ?

La collaboration entre une architecte et une designer spécialiste du roseau a fait naître la maison RoZo. Les roselières du Golf du morbihan, à proximité, sont ici utilisées comme matériau prinicipal de construction. Au delà de l'objectif d'une réduction considérable de l'empreinte carbone, une nouvelle manière d'aborder le roseau en résulte puisque ce matériau végétal n'est cette fois-ci plus utilisé en toiture, mais bien en isolation, étanchéité et finitions. C'est par la composition avec d'autres matériaux (bois douglas, fibre de bois, liège expensé etc.) que cette maison se libère de la forme traditionnelle des maisons à toit de chaume et se réapproprie le roseau afin de produire des espaces plus adaptés à nos modes de vie actuels (plus grande hauteur sous plafond, plus grandes ouvertures possibles etc.). Ecoconstruction et innovation architecturale sont alors associées dans ce projet d'architecture bioclimatique.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

Ce projet traduit la possibilité de construire avec des ressources locales, puisqu’il existe par exemple1976 hectares de roselières en Bretagne. Il est l'occasion de souligner l’importance de relocaliser la production de ce matériau, aujourd'hui remplacé le plus souvent par du roseau importé de Chine et d’Europe de l’Est pour la majorité des chaumières françaises. De plus, le roseau améliore son milieu en revitalisant la faune, la flore, et en purifiant l'eau. Cette plante constitue également une ressource à rapide capacité de régénération (cycle végétal d'un an), et très simple à cultiver. Sur un autre registre, ce projet a permis de mettre en place un chantier participatif et de faire appel à des artisans locaux, qui ont pu transmettre et partager leur savoir-faire.

Mise en perspective

Ce projet est intéressant mais reste aujourd’hui seulement réalisable à petite échelle car il n’existe plus qu’une roselière en exploitation en Bretagne. En revanche, ce projet peut devenir une véritable maison protoype, maison pilote, qui permette la création de nouvelles cultures du roseau sur le territoire afin de relancer une filière agricole locale de cette ressource.
Elle présente néanmoins quelques limites dans la réduction de l’empreinte carbone à ne pas négliger : soubassement en béton de ciment armé, étanchéité pare-pluie en membrane plastique, le bois Douglas, essence exotique à la France, avec des pratiques sylvicoles parfois problématique (monoculture, coup à blanc, épuisement des sols).

Les aventures des mers de l’ouest
Concepteurs
Ville de Saint Hilaire de Riez / STUDIO PLAGE : Fichtre, Formes Vives, Barreau et Charbonnet

Lieu
Saint Hilaire de Riez (Sion sur l'océan)

Date


Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Architecture & Manières d’habiter le territoire

Type de projet
Lieux / Espaces partagés

Modalité d'adaptation
Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

En quoi consiste le projet ?

L’idée était de mettre en scène une place, un espace public, autour d’un ancien casino désaffecté, lieu emblématique des stations balnéaires. L'équipe a voulu jouer des codes et de l’attraction que pourrait provoquer le tournage d’un film et pour cela elle s'est inspirée des fabuleux décors de Jacques Tati et de films d’été de bord de mer. «Les Aventures des mers de l’Ouest» est une sorte de plateau de tournage de film d’anticipation inspiré de sagas d’exploration aquatique, d’univers marin de bande-dessinée et de sagas aventurières, qui a pris place tout l’été 2018 sur le passage de promenade entre Saint Jean de Mont et Saint Gilles Croix de vie. Les installations ont pris des formes aux usages décuplés par l’imaginaire et les histoires qui peuvent y être créées: abris, table à manger ou de ping-pong, banc public, lieu de rencontre, théâtre de fêtes votives ou de contemplation, jeux, estrade, scène, sculpture, rampe...

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

Cette installation éphémère invitait les passants à créer des histoires sur un lieu de bord de mer, à rentrer dans l'action à partir du jeu, à se transporter émotionnellement et mentalement dans des situations imaginaires qui donnaient libre court à leurs singularités d'individus.
L'équipe rappelle l’étymologie du mot «action» qui consiste à «lancer hors de soi une force agissante». Elle voue par ailleurs une certaine fascination pour le désordre comme énergie vitale.
Ce sont ces spécificités du décor, comme lieu des possibles et révélateur de forces agissantes et chaotiques, que nous souhaitons mettre en avant ici. Ce dispositif de projection est potentiellement vecteur d'adaptation, qui suppose une capacité individuelle et collective à se représenter dans des situations nouvelles, voire inédites.

Projet miroir
©EdPressedureel

L'aire de jeux pour enfants a fait l'objet de nombreuses recherches de Vincent Romagny, commissaire d'exposition et critique d'art. Il montre dans son ouvrage Anthologie des aires de de jeux au Japon (ed. Vincent Romagny, 2019) que le playground japonais procède et révèle des aspects impensés qui vont au-delà des fonctions éducatives et ludiques: il répond aux enjeux de la survie et de la réparation face à la catastrophe, du jardin et de l’environnement. Introduites après le séisme du Kanto de 1923, puis multipliées lors des reconstructions de l’après-Seconde Guerre mondiale -rien que la ville de Kyoto en compte près d’un millier-, les aires de jeux sont avant tout conçues comme des paysages vécus.

Lien du projet miroir

Itinérances sur les rives de la Vilaine
Concepteurs
Cuesta / Léa Müller / Agence Ter

Lieu
Métropole de Rennes

Date
2014-2021

Milieux
Dans les terres / Rivières / Forêts / Milieu terrestre

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Événement / Itinérance / Rencontre

Modalité d'adaptation
Recomposer autrement / Penser avec la profondeur du territoire / Retisser les liens / Prendre en compte les interdépendances

En quoi consiste le projet ?

La Vallée de la Vilaine, qui s'étend de Rennes à Laillé, est un vaste territoire avec une grande diversité de paysages et variété d’usages, existants ou potentiels, liés à la forte présence de l’eau comme à la richesse écologique et patrimoniale du site. Le projet d’aménagement initié en 2012 engage un groupement de commandes composé de Rennes métropole et de sept communes. L’enjeu est de révéler ce grand territoire, de créer un espace partagé commun, tout en valorisant les identités propres de chacune des communes. Le groupement mené par l’Agence Ter a été retenu en janvier 2014, comme maître d’oeuvre pour proposer et mettre en oeuvre une stratégie de valorisation paysagère fondée sur une amplification de l’existant. Au sein de l’équipe, Cuesta est garante de l’élaboration d’une stratégie ambitieuse et innovante de développement et de valorisation du territoire. Dans cet objectif, elle conçoit des « actions pilotes ». Ce sont des actions artistiques temporaires, qui permettent de préfigurer le projet en accompagnant les études. Elles activent le projet d’aménagement et offrent un espace de co-construction avec les partenaires et les acteurs, elles proposent différents types d’expérimentations artistiques et culturelles, pérennes et événementielles, fondées sur une approche sensible et permettant d’impacter le projet de territoire. Une stratégie de communication est mise en place avec la maîtrise d’ouvrage, fondée elle aussi sur les processus artistiques qui créent une identité visuelle distinctive, aux effets marqués. Une Année de la Vilaine s'est par exemple déroulée en 2018-2019.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Recomposer autrement / Penser avec la profondeur du territoire / Retisser les liens / Prendre en compte les interdépendances

Le projet de la création d'un parc autour de la Vilaine est surtout un travail de collaboration entre les acteurs qui montre que les interêts écologiques dépassent les frontières administratives. Ce qui fait adaptation dans ce projet est l'importance donnée au sytème hydrologique du territoire, avec un dessin de parc qui s'appuie sur une réunification des deux rives de la Vilaine et de la création d'une identité propre pour une région morcelée autour de sa géographie locale. Le travail, en particulier, de Cuesta, de la creation des "actions-pilotes" (actions artistiques temporaires) montre bien la necessité d'un engagement avec les publics, qui seront parmi les usagers principaux d'un nouveau parc. L'adaptation de nos territoires non seulement au changement climatique mais aussi à une autre mode de fonctionnement plus en harmonie avec la planète se passe d'abord par les habitants.

Mise en perspective

Le projet des rives de la Vilaine pourrait être regardé par le prisme du bioregionalisme dans lequel "les régions ne sont pas délimitées par des lignes droites imaginaires telles que tracées par les humains, mais par le climat et les formes du sol qui rendent cette partie de la planète unique. Les formes de vie locales, les cultures, les traditions et les espoirs pour l’avenir reflètent cet endroit particulier de la planète dans lequel ils sont enracinés" ( Traduit de l'anglais "Cascadia, Departement of a Bioregion"). Le projet s'appuie sur le fonctionnement du bassin versant d'une rivière. Imaginons ce que seraient nos reflexions autour de l'amenagement du territoire si elles se faisaient toutes ainsi.

Projet miroir
©EdPressedureel

Le bureau des guides, à Marseille, initie depuis 2013 de nombreuses itinérances urbaines et périurbaines ("les sentiers métropolitains") pour comprendre la métropole de Marseille dans toute sa complexité.

Lien du projet miroir

Roches
Concepteurs
Aurore Bagarry avec / Gilles A. Tiberghien / les géologues Patrick De Wever (MNHN) / Marc Fournier (Sorbonne Université) / Conception graphique : Marine Le Thellec / Editions Gwinzegal

Lieu
Rivages franco-anglais de la Manche

Date


Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Arts & Philosophie

Type de projet
Création artistique

Modalité d'adaptation
Se relier à l’invisible / Créer des brèches / Ressentir / Rêver / Éprouver / Être sensible

En quoi consiste le projet ?

Aurore Bagarry explore les rivages franco-anglais de la Manche en y photographiant des variations géologiques, posant la question de la frontière et de sa porosité qui se manifeste par des échanges et empreintes sédimentaires. A l'origine une exposition photographique à Galerie Sit Down, le travail titré Roches trouve une autre forme dans un nouveau livre du même titre, accompagné par une écriture du philosophe Gilles Tiberghien et publié par Editions Gwinzegal.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Se relier à l’invisible / Créer des brèches / Ressentir / Rêver / Éprouver / Être sensible

Les images, prises d'une manière symétrique des deux cotés de la Manche, mettent en valeur la géologie, le passage du temps et l'érosion, en questionnant l'idée de la mer comme frontière ou limite séparatrice. A travers les images, on voit la roche comme un objet présent, ici et maintenant. Elle ne se présentera jamais à nouveau comme au moment de la capture de l'image. La roche, à la fois symbole de l'histoire de la stabilité, devient emblématique du mouvement et de l'incertitude. Elle nous montre comment vivre et vieillir tout en changeant, en s'adaptant, sans cesse.

Mise en perspective

Aurore Bagarry a mené auparavant un important travail d'inventaire photographique sur le massif du Mont Blanc. Elle capte les variations et les évolutions des glaciers et les traces laissées par l'eau, solide ou liquide: des formes, des blocs, des couleurs qui changent à mesure que la fonte de la glace s'accélère. La montagne, comme le littoral, est un lieu où les conséquences du changement climatique sont visibles: fonte des glaciers, effondrements des roches, verdissement, etc.

C.A.P. 2000
Concepteurs
C.A.P. 2000

Lieu
Golfe du Morbihan

Date


Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Acteurs / Mise en réseau

Modalité d'adaptation
S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

En quoi consiste le projet ?

Implantée à Vannes (Morbihan) depuis 2002, C.A.P. 2000 est une association professionelle réunissant pêcheurs, agriculteurs et conchylicutleurs, sur le littoral du Sud Bretagne. L'association C.A.P. 2000 a pour objectif la préservation de la qualité des eaux littorales, la pérennité des activités primaires littorales, la création et l'accompagnement du dialogue entre les professionnels, et aussi la developpement de la concertation avec les autres acteurs du territoire.

Les professionnels adhèrent à titre individuel, néanmoins plusieurs sont aussi responsables de réseaux professionnels locaux / départementaux. L'organisation maintient des conventions de partenariat avec les structures professionnelles (Chambre d ’Agriculture, Section Régionale Conchylicole) et fait force d'un appui aux réseaux professionnels déjà en place (syndicats agricoles, conchylicoles, CUMA, GVA, comités locaux de pêche).

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

L'agriculture, la conchyliculture et la pêche dépendent d'écosystèmes fragiles. Les agriculteurs et les conchyliculteurs, dans certains bassins versants, peuvent entretenir des relations conflictuelles du fait de pollutions de l'eau. CAP 2000 est un exemple de collaboration qui tient compte des intérêts des parties concernées, tout en évitant l'épuisement des ressources. Ici, les acteurs de l'interface terre-mer mettent en place des actions communes (charte des bonnes pratiques, experimentations, recherche, observations et concertation) pour s'adapter aux changements.

Mise en perspective

Ces activités, peu importe leur emplacement sur le territoire, dépendent d'écosystèmes pour exister. Les pêcheurs ont besoin d'eau de mer saine. Les conchyliculteurs d'une eau saumâtre (mélange d'eau douce et d'eau salée) sans risque bactériologique. Les agriculteurs, d'eau douce et de terres agricoles, terres qui se raréfient sur le littoral dans un contexte d'urbanisation croissante. CAP 2000 est la preuve que ces défis peuvent être menés ensemble, à partir du moment où les acteurs concernés prennent le temps de se réunir.

Les arbres bleus
Concepteurs
ONG Bleu versant / B. Schlumerger Ville de la Rochelle

Lieu
La Rochelle

Date
2014

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Médiation / Pédagogie

Modalité d'adaptation
Apprendre à vivre avec / Porter attention au réel / Prendre en compte les transformations, les rythmes et les seuils

En quoi consiste le projet ?

L'ONG Bleu Versant propose des actions urbaines de médiation culturelle liées au sujet de l'eau. Elle a été créée sur l'initiative du concepteur-paysagiste Barthélemy Schlumberger, chargé de réaménager une partie des berges de la Rochelle suite à la tempête Xynthia de 2010.

Sur l'initiative de l'ONG, 400 arbres proches du rivage ont été peints, dans le quartier du Gabut, avec du lait de chaux arboricole et un pigment naturel bleu obtenu à partir d'un broyat de coquillage. Les niveaux peints symbolisent la hauteur d'eau qui a recouvert le port lors de la tempête Xynthia. La peinture s'efface avec le temps et est renouvelée à quelques occasions (10 ans de Xynthia) lors d'ateliers à destination des enfants. Ce projet participe au processus de prise de conscience collective face à l'aléa.
Deux strates ont été peintes sur les arbres : une première, au milieu du tronc, représentant le niveau de l'eau atteint lors de la tempête Xynthia et une seconde bande, plus haute, indiquant le niveau de protection préconisé dans le PPRI (Plan de Prévention des Risques Inondations): Xynthia + 20 cm.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Apprendre à vivre avec / Porter attention au réel / Prendre en compte les transformations, les rythmes et les seuils

Les Arbres Bleus viennent réactiver la mémoire d'un lieu par un acte simple, nécessitant peu de moyen, et qui amène un public large (habitants, écoliers, touristes..) à s'interroger sur notre capacité à vivre avec l'aléa, ainsi que sur la possible survenue d'une nouvelle tempête.
L'effacement avec le temps de la couleur puis sa remise en état ravive la mémoire du risque. Ce projet participe à la prise de conscience collective de l'aléa. Sa réactivation a pour objectif d'éviter les écueils d’un passé récent : celui d'oublier notre propre vulnérabilité.

Mise en perspective

Cette expérience montre qu'une médiation culturelle, même éphémère, peut toucher profondément les habitants. Une intervention sur le bâti aurait pu être aussi une piste de réfléxion interessante. Comme des traces, sur nos habitations, qui nous rappelent notre vulnérabilité.

Début 2021, les Arbres Bleus ont été transposés à Orléans et, malgré le succès rencontré, l'opération a pris fin après seulement une semaine. L'objectif était de susciter une interrogation momentanée mais, selon la Ville, sur le long terme, la peinture des Arbres Bleus "dénaturait" le paysage.

La Ville de la Rochelle a par ailleurs inauguré en 2021 une nouvelle promenade en bord de mer, dans le quartier de Port-neuf, qui prend place sur les digues réaménagées suite à Xynthia. Le message est tout autre que celui des Arbres Bleus: poursuite de la poldérisation, effacement du risque, montant des travaux conséquent.

Projet miroir
©thisplacewillbewater

Le projet "this place will be water" , lancé à New York, propose des stickers "cet endroit sera sous l'eau" à coller dans l'espace public, à New York ou ailleurs, pour rendre visible la montée du niveau des eaux induite par un réchauffement moyen de la planète au-delà de 2°C.

Lien du projet miroir

© JeanRicher
© Risques majeurs info
© Atelier de Paysage Landescape
© ONG bleu versant
Nantes Futurable
Concepteurs
Association Nantes Futurable / UMR Territoire/ Chaire Paysage & Energie, ENSP / IRSTV

Lieu
Estuaire de la Loire

Date
2018-aujourd'hui

Milieux
Estuaire / Delta / Marais / Lagune / Milieu saumâtre

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Médiation / Pédagogie

Modalité d'adaptation
Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

En quoi consiste le projet ?

L’association Nantes Futurable propose d’aborder des questions communes environnementales et territoriales autour de l’estuaire de la Loire. A travers un jeu sérieux adapté du jeu de territoire de l’Unité Mixte de Recherche (UMR) Territoire, elle propose une manière ludique de soulever des problématiques communes. Fondé sur un principe de représentation spatiale sur cartes, il s’organise autour d’ateliers de 4h regroupant des participants divers et consiste à mettre en récit à travers le paysage, la science-fiction et des outils de narration, des scénarii d’adaptations liés aux transitions écologiques et sociétales.

Dans l’optique d’élucider une vision de “territoire durable”, les participants produisent une multitude de récits à différentes échelles afin de faire émerger des logiques d’interconnaissance et de dégager des enjeux vis-à-vis des problématiques environnementales. La confrontation des résultats obtenus participe à l’élaboration d’une vision stratégique du territoire, qui intéresse en particulier des collectivités locales. Dans une perspective future, Nantes Futurable souhaite adapter le format du jeu à des établissements scolaires mais aussi à l’ensemble des territoires, au-delà de l'estuaire de la Loire.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

Dans une dynamique d’apprentissage collectif, Nantes Futurable permet de sortir d’un discours d’expert exclusif en engageant la parole de nombreux acteurs issus de milieux différents. Le format du jeu de rôle permet à chacun de s’oublier dans un personnage ou une situation, et ainsi de mobiliser l’imagination au service de problématiques environnementales et sociétales. En s’émancipant d’un schéma de résolution classique et déterministe, de nouvelles hypothèses de résolutions sont explorées par le récit et formulent des perspectives intéressantes. Une fois mis en confrontation, la pluralité de ces récits permet de construire une multitude de visions et ainsi d’enrichir la définition de “territoire durable”. Ce dispositif donne une réalité plus locale et à échelle humaine du changement climatique.

Mise en perspective

L’idéal d’un futur désirable se confronte avec la réalité d’un monde en pleine transition écologique et sociétale, et ses contradictions. Considérer un futur désirable comme une finalité inscrit la démarche dans une vision utopiste, potentiellement éloignée des intérêts et des attentes de groupes de personnes. L’idée serait de l’envisager tout en acceptant de déconstruire certains aspects de notre société. Le dispositif de jeu de rôle permet de poser des questions concrètes parfois sujettes à des réponses surprenantes, voire peu diplomatiques. Les mises en situation génèrent des scénarii allant de la vision dystopique d’un monde futur à la manière du film Soleil Vert de Richard Fleischer, à celle d’un monde utopique au contraire. Ce jeu permet alors de se demander quelle(s) réaction(s) aurions-nous face à l’urgence. Et celles-ci sont parfois surprenantes.

Mais ce format court de mise en récit permet-il d'appréhender tous les enjeux du territoire ? Une démarche prolongée pourrait être mise en place afin de construire des scénarii sur le long terme et ainsi proposer aux collectivités territoriales une vision plus complète d’adaptation.

Projet miroir
©-ET-ALORS

Le collectif ET ALORS propose dans son projet « Villes estuaires + 1 M » d’interroger l’avenir des villes européennes contemporaines confrontées à l’augmentation du niveau de la mer dans une démarche de prospective urbaine et architecturale. Il s'est intéressé à Hambourg et Lisbonne en 2014.
ET ALORS interroge ici la notion de Ville Estuaires inondables et cherche à construire une nouvel représentation du problème, une alternative à l’imaginaire du désastre, à l’aveuglement des enjeux ou encore à la solution de la force technique.

Lien du projet miroir

© Nantes Futurable
© Nantes Futurable
© Nantes Futurable
© Nantes Futurable// © Nantes Futurable
Observatoire du marais
Concepteurs
La Plage architecture et paysage / PNR de Brière

Lieu
Saint-Malo de Guersac

Date
2013-aujourd'hui

Milieux
Estuaire / Delta / Marais / Lagune / Milieu saumâtre

Catégorie
Architecture & Manières d’habiter le territoire

Type de projet
Approche par le paysage / Penser avec le vivant

Modalité d'adaptation
Apprendre à vivre avec / Porter attention au réel / Prendre en compte les transformations, les rythmes et les seuils

En quoi consiste le projet ?

Cet observatoire ornithologique situé dans la Réserve Naturelle Régionale des marais de Brière permet aux visiteurs d’observer une multitude d’espèces d'oiseaux selon les saisons. Installé en 2013 à la demande du Parc Naturel Régional de Brière, ce cabanon en bois marque un arrêt dans les différents parcours de découvertes du parc. D’une surface de 500m2, cet observatoire doté d’une terrasse panoramique est entièrement conçu en bois.

Des ganivelles de plage ont été récupérées pour former les façades et offrent des interstices lumineux et visuels vers le paysage. A travers ces façades en ganivelles, le visiteur pourra observer les habitants du marais sans se faire voir. Un étage permet de s’élever et ainsi de découvrir le paysage et sa faune.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Apprendre à vivre avec / Porter attention au réel / Prendre en compte les transformations, les rythmes et les seuils

En donnant à voir le paysage du marais et sa population de volatiles, une multitude d'espèces est rendue visible. Dans un contexte de découverte, l’observatoire donne à mettre en valeur une population d’un écosystème parfois oubliée. S’arrêter le temps d’un instant et observer le comportement de volatiles, apprendre à les reconnaître et à les différencier inscrit le visiteur dans une posture de sensibilisation. Faire exister ces espèces permet dans un sens de les connaître et ainsi d’être plus apte à les protéger. L’appréhension du paysage méconnu des marais permet de découvrir la diversité des paysages de l’eau selon la saison. S’éloignant des images classiques liées à la mer et à la rivière, cette approche inscrit le paysage des marais au cœur d’une démarche de protection.

L’observatoire offre aussi une autre expérience du paysage, une expérience dans laquelle le public se sent spectateur et s’efface dans celui-ci. Cette posture offerte par le dispositif permet une certaine prise de recul vis-à-vis d’un écosystème dans lequel l’Homme n’est pas acteur.

Mise en perspective

L’installation d’observatoires ornithologiques se démocratise dans de nombreux parcs régionaux et notamment dans celui du Marquenterre, en baie de Somme. De plus en plus d’espèces de volatiles sont observables depuis ceux-ci et certains dispositifs donnent lieu à des études précises réalisées par des ornithologues. Récemment, un belvédère a été installé dans le Port de Rozé, non loin de l’observatoire du marais. Celui-ci permet une autre appréhension du paysage plus lointain, rendant compte de l’étendue du Parc Naturel. Comme immergés, les visiteurs disposent d’une façon alternative de percevoir le paysage.

La mise en tourisme des marais de Brière pose question, si l’intention principale était de respecter le milieu naturel des volatiles, s’imposer au centre de celui-ci sous prétexte d’une insertion paysagère discrète , est-ce que cela relève vraiment d’une démarche de protection ? Cela nous pousse à nous demander quelle est la réelle limite entre mise en tourisme et protection.

©-2015-La-Plage-architecture-et-paysage
© Gauthier LeRomancer
©-2015-La-Plage-architecture-et-paysage
©-2015-La-Plage-architecture-et-paysage
Iodysseus
Concepteurs
Eloïse Le Bras / Cathy Collet / Aude Messager / Eric Défert / Vincent Ménoret / Sébastein Charles / Olivier Sickert / Guy Mordret / Jean-Pierre Pustienne / Morgane Rousselot / Pierre Mollo / Pierre Amato / Fabrice Not / Jean-Pierre Blin / Ludovic Noblet / Jean-Charles Sicsic / Alain Moy / Thibaut George

Lieu
Brest

Date


Milieux
Dans l’eau / Mer / Milieu marin

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Recherche / Expérimentation

Modalité d'adaptation
Composer dans un monde multispécifique / Régénérer et préserver les pouvoirs du vivant

En quoi consiste le projet ?

Équipés de bateaux à voile, les scientifiques membres de l’association se rendent en mer pour effectuer des prélèvements de plancton et étudier leur importance dans l’écosystème marin mais aussi planétaire. L’ONG Odysseus s’est donné pour mission de comprendre l’évolution de l’environnement marin entourée de la communauté scientifique afin de récolter des données et agir pour la protection des organismes planctoniques. Le 22 avril 2019 se déroulait la première mission de l’organisation. Dans le Golfe de Gascogne, deux balises ont été déposées afin de monitorer la santé de l’océan et recueillir des informations transmises par des capteurs biologiques et chimiques. Les données récoltées seront transmises et partagées de manière interactive auprès du grand public et des établissements scolaires associés.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Composer dans un monde multispécifique / Régénérer et préserver les pouvoirs du vivant

Grâce à une démarche de compréhension spécifique des organismes planctoniques, l’organisation donne à voir l’importance de ce micro-organisme dans l’équilibre du monde et se détache d’une vision anthropocentrée dans une certaine mesure. La médiation des résultats auprès du grand public permet d’agir pour la protection du plancton et ainsi de créer un lien social autour de problématiques de protection et de sensibilisation. Entouré d’une équipe pluridisciplinaire, Iodysseus prouve par ses études que l'écosystème océanique et terrestre bien que séparés par leur milieu sont en réalité liés, inscrivant l’urgence de la situation à une échelle plus proche.

Mise en perspective

La disparition du plancton a bien plus d'impact que l’on ne le pense. Depuis 1950, plus de 40% de la population planctonique a disparu, victime du réchauffement des océans dû à l'industrialisation de masse depuis l’ère industrielle. Ce modèle de surconsommation et de pollution perdurant, les océans subissent de plus en plus les conséquences de l'activité humaine. Seulement, le plancton à la base de la chaîne alimentaire, la biosphère marine diminue, de plus en plus d'espèces disparaissent. Le processus de production d’oxygène par les organismes planctoniques ralentit, le cycle du carbone est mis à mal. La santé du plancton doit donc être suivie de près grâce à des Organisations comme Iodysseus et Plankton Planet.

© iodysseus
© iodysseus
© Nasa fondationTara
© Océanopolis
Station de lagunage
Concepteurs
Mairie de Rochefort / Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) / département de la Charente-Maritime / Communauté d'Agglomération Rochefort Océan / Estuaire de la Charente, Arsenal de Rochefort

Lieu
Rochefort

Date
depuis 1985

Milieux
Estuaire / Delta / Marais / Lagune / Milieu saumâtre

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Architecture / Design / Technique

Modalité d'adaptation
Composer dans un monde multispécifique / Régénérer et préserver les pouvoirs du vivant

En quoi consiste le projet ?

La ville de Rochefort propose depuis 1985 un dispositif de traitement naturel des eaux usées : une station de lagunage. Installée au cœur des marais périurbains entre la Charente et la ville, cette station de lagunage profite des avantages offerts par le site. L’implantation en zone humide facilite l’écoulement de l’eau par gravité tandis que l'exposition idéale au soleil permet une première élimination des bactéries grâce aux rayons ultraviolets.

Ville pionnière de ce processus naturel, elle présente aujourd’hui la plus grande station de lagunage d’Europe avec plus de 35 hectares de bassins pour une superficie totale de 70 hectares. Le principe de lagunage repose sur la création de bassins “tampons” dans lesquels les eaux usées vont transiter puis être rejetées dans la Charente.

L’utilisation des mécanismes naturels offerts par le site permet un traitement des eaux usées de façon écologique et économique. Après un traitement physique, le processus de lagunage se résume à un traitement biologique de l’eau qui circule dans plusieurs lagunes ré-oxygénées grâce à l’action du vent et du soleil. L’épuration de l’eau s’effectue grâce à des micro-organismes variés comme le zooplancton, le phytoplancton ou encore les végétaux.

Aujourd’hui la station de lagunage de Rochefort fait l’objet de visites organisées afin de donner à voir un système d’épuration d’eau naturel et écologique.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Composer dans un monde multispécifique / Régénérer et préserver les pouvoirs du vivant

Ce système est pensé dans une logique de métabolisme, étant donné la complémentarité de ses étapes et composants. Il offre une certaine maîtrise de l’énergie, une mobilisation des propriétés épuratrices des micro-organismes et un refuge pour les oiseaux.
Avant le passage de l’eau dans les bassins de lagunage, elle subit un traitement physique en plusieurs étapes (dégrillage, dégraissage, dessablage), les boues récupérées sont minéralisées et valorisées comme compost. Le méthane produit permet d’alimenter un co-générateur et donc de produire de l'électricité.
Lors du traitement biologique de l’eau, dans un second temps, sont mobilisés les micro-organismes du site, qui éliminent de manière naturelle les nutriments et particules organiques et minérales. Les eaux usées sont ainsi épurées.
La station de lagunage participe aussi à l’accueil d’espèces. Les oiseaux aquatiques se réunissent autour des bassins abondants de planctons et se nourrissent de ces micro-organismes. La Ligue de la Protection des Oiseaux a aménagé des bassins spécifiques. Ces bassins contribuent à la diversification de la flore locale et à la protection de la faune.
Ce système d'épuration participe enfin au rafraichissement de l'air ambiant, par évapotranspiration des eaux en cours de traitement.

Mise en perspective

Alternative à la station d’épuration par traitement chimique, la station de lagunage représente une solution plus écologique au traitement des eaux. De par son excellente intégration paysagère, elle accueille un écosystème tout en répondant à sa fonction première, l'épuration des eaux usées. Ce système demande tout de même un certain entretien pour éviter la dégradation de la qualité de l’eau. Agir en amont en limitant notre consommation d’eau éviterait de recourir à ces dispositifs de manière constante malgré leurs avantages.

En prenant connaissance des étapes d’épuration de l'eau, on en vient à questionner la réelle qualité de l’eau rejetée dans la Charente. La qualité de l’eau des rivières est toujours préoccupante en France et s’étend à la mer, où se jettent les rivières. Des dispositifs de signalisation comme “la mer commence ici” peuvent permettre de mieux prendre en compte le cheminement d’une goutte d’eau.

© rochefort_océan
© infiniment-charentes
© Chantal Hay
Blockhaus, mur de l'atlantique
Concepteurs


Lieu
Côte Atlantique

Date
depuis 1942

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Médiation / Pédagogie

Modalité d'adaptation
Apprendre à vivre avec / Porter attention au réel / Prendre en compte les transformations, les rythmes et les seuils

En quoi consiste le projet ?

A marée basse, apparaissent quelques îlots de béton sur les larges étendues de sable du littoral Atlantique. Les blockhaus, parsemés sur les plages et dans les terres, composent le paysage de la côte et tendent à disparaître depuis une cinquantaine d'années sous les effets du milieu littoral et marin et du changement climatique (montée des eaux, sédimentation…).

Vestiges de la Seconde Guerre Mondiale, ces éléments de béton dégradés par le temps appartiennent au mur de l’Atlantique. Construit par le troisième Reich sur la côte Atlantique, il s’étend de la Norvège jusqu’à l’Espagne. Les contours du mur sont définis en mars 1942 afin de contrer et prévenir d’éventuels débarquements des Alliés. Plus de 18 millions de m3 de béton ont été coulés sous la direction de l’Organisation Todt, unité du génie de l’armée allemande. Dispositif de protection contre les forces ennemies, l’artillerie y était mise à l'abri en cas d’attaque. Les soldats occupant les blockhaus décrivaient des conditions déplorables, attendant dans l’humidité et l'obscurité. Aujourd’hui, les blockhaus du mur de l’Atlantique témoignent d’un épisode de l’histoire révolue.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Apprendre à vivre avec / Porter attention au réel / Prendre en compte les transformations, les rythmes et les seuils

Aujourd’hui on retrouve plusieurs de ces blockhaus échoués sur les plages, mémoire d'un événement historique important, d’un temps révolu.

Les pieds dans l’eau, ils rendent compte d’un milieu mouvant sujet à l’érosion, aux mouvements des dunes, aux tempêtes et marées. Ces ruines du littoral ne présagent rien de bon quant à l’avenir des édifices construits sur le front de mer. Témoins des conséquences du réchauffement climatique, les blockhaus marquent le devenir de plusieurs bâtiments confrontés à l’érosion côtière. Ces ruines représentent alors un repère mémoriel quant à la vulnérabilité de l’Homme et de certaines installations, accentuée par des tempêtes de plus en plus fréquentes.

Mise en perspective

Les symptômes du réchauffement climatique sont de plus en plus visibles et donnent à questionner l’avenir d’un certain nombre de bâtiments construits en milieu côtier. Le recul du trait de côte met en danger ces édifices victimes de l’érosion côtière. Depuis un peu plus d’une dizaine d’années, la situation suscite de nombreux débats quant aux réponses à y apporter. C’est le cas de l’édifice Le Signal, situé à Soulac sur Mer, à 200m du bord de plage à sa construction, la montée des eaux causée par l’augmentation globale des températures a mis en péril son fonctionnement. Depuis 7 ans, une procédure est en cours pour déterminer le devenir de cet édifice condamné. L’issue de cette procédure a mené à une démolition rapide au courant de cette année 2021. L’exemple de Soulac sur Mer n’est qu’un exemple parmi tant d’autres en France ou ailleurs ( Alaska, Rotterdam, Mississipi …).

Les habitations ne sont pas les seules installations victimes de la montée des eaux, d’autres fabrications humaines se retrouvent dangereusement proches du rivage et de la mer. Des décharges au contenu parfois inquiétant et très nocif pour l’environnement se retrouvent dans l’eau. La décharge de Dollemard sur le territoire de la ville du Havre reste l’exemple le plus impressionnant aujourd’hui. Située en haut de falaises sujettes à l’érosion, entre 200000 et 400000 tonnes de déchets ont été déversés sur les basses falaises. L’ONG Robin des Bois propose une approche douce qui consiste à enlever de manière progressive et régulière les déchets métalliques, caoutchouteux et les gravats. Ces interventions d’assainissement sont planifiées et permettent de préserver le site des solutions lourdes incertaines.

© Virginie Serna
© 2ci21a
© Virginie Serna
© Thierry Ilansades
Mouillages de moindre impact
Concepteurs
Life Marha / Office Français de la Biodiversité / Parc naturel marin d’Iroise / Parc naturel régional du Golfe du Morbihan / Conseil régional de Bretagne / DREAL Bretagne / Réseau Natura 2000 / Bretagne Plongée / Imer

Lieu
Golfe du Morbihan / Archipel des Glénan / Parc naturel marin d’Iroise

Date
Depuis 2011

Milieux
Dans l’eau / Mer / Milieu marin

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Recherche / Expérimentation

Modalité d'adaptation
Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

En quoi consiste le projet ?

Immergée sous les eaux de l’Atlantique, vit une plante au rôle écologique insoupçonné. Les zostères sont des plantes à fleurs marines, ensemble elles forment les herbiers ou prairies sous marines. Ces herbiers sont indispensables à la vie marine puisqu’ils représentent des zones de refuge, d’approvisionnement et de nourricerie pour de nombreuses espèces. Cependant, ces prairies sont mises en péril par le mouillage des bateaux. L’ancre des bateaux dégrade ces végétaux: en plus de se fixer au sol, l'ancre arrache en effet les zostères sur plusieurs mètres au moment de la levée.

Grâce à l’atlas des herbiers de zostères établi en 2008 et dans le cadre du projet LIFE intégré Marha, l’Office français de la biodiversité a lancé un appel à manifestation d'intérêt (AMI). Celui-ci concerne la mise en place et l'expérimentation de mouillages et de balisages de moindres impacts, sur les façades maritimes Atlantique et Manche mer du Nord. Dans une démarche de recherche expérimentale, des projets sont ainsi proposés par des partenaires afin d’en étudier leur efficacité et leur durabilité.

Depuis quelques années, des expérimentations de différents systèmes de mouillages innovants ont été réalisées sur 3 sites Natura 2000 de la façade Atlantique afin de comparer leurs impacts et de suivre leur efficacité écologique à court et long termes. Le principe de flottabilité présente un intérêt car il permet de créer une bouée de mouillage en surface et de maintenir vertical le système de fixation, lesté depuis les fonds marins. Cela évite de balayer les herbiers avec une lourde chaîne.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

L'intérêt porté aux herbiers de zostères donne à voir un écosystème inconnu de certains et incite à protéger cette prairie fragilisée par les actions de l’Homme. En effet, ces végétaux ont la capacité d’accueillir toute une biodiversité : ses feuilles sont couvertes d’algues et d’animaux permettant de nourrir certaines espèces, tandis que ses racines leur réservent une cachette ou un endroit où déposer leurs œufs. Cet habitat est favorable à la reproduction de nombreuses espèces de poissons et d’invertébrés. Les herbiers de zostères agissent aussi directement sur le milieu marin en participant à la clarification de l’eau et à la stabilisation des sédiments.

A travers l'AMI, dans l’optique de protéger un écosystème, un réseau de partenaires s’engage à produire un système efficace et réel très suivi. Il a été démontré que les mouillages mis en place de manière écologique n’impactent que 3m2 de zostères autour du dispositif alors qu’un mouillage classique peut impacter jusqu’à 100m2. Des relevés sont régulièrement effectués afin d’étudier l'efficacité des prototypes sur un herbier en bonne santé. Par la responsabilisation des usagers et en réduisant l’impact des mouillages et du balisage sur les habitats marins, les herbiers de zostères sont saufs.

Mise en perspective

Bien que certains systèmes de mouillage aient prouvé leur efficacité, les herbiers de zostères sont encore confrontés à de nombreux problèmes. La pollution des eaux encouragée par le réchauffement climatique modifie les conditions marines et met en danger certains écosystèmes dont ces prairies sous-marines. L’ostréiculture et le développement portuaire menacent encore les herbiers de zostères ainsi que la biodiversité sous-marine, créant alors de nouvelles problématiques quant à la protection de ceux-ci.

Projet miroir
©Nav&Co

Une base de données à l’échelle de la Bretagne a été constituée par le REBENT (Réseau Benthique) et permet de référencer les herbiers de zostères afin d’en mesurer la biodiversité. Le Life Marha y participe en recensant les différents herbiers de zostères à l’échelle de l’Atlantique. Une application mobile, Nav&Co, a également été développée permettant aux plaisanciers de repérer les zones d'herbiers de zostères et ainsi d’éviter de jeter l’ancre à ces endroits précis.

Lien du projet miroir

© Parc-marin de la côte bleue
© Lionel Picard
© 2019 Office français de la biodiversité
RIM / Au bout du plongeoir
Concepteurs
Au bout du plongeoir association avec SEA – Site Expérimental d’Architectures / Le Fourneau / L’ANPU / Cuesta / Fédé Breizh / L’Hôtel Pasteur et le POLAU-pôle arts & urbanisme / ENSAPB / Les Champs Libres / Rennes Ville et Métropole, la DRAC de Bretagne / Ministère de la Culture.

Lieu
Rennes

Date
2017

Milieux
Dans les terres / Rivières / Forêts / Milieu terrestre

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Acteurs / Mise en réseau

Modalité d'adaptation
S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

En quoi consiste le projet ?

Les Rencontres Inter-Mondiales des nouvelles manières de faire en architecture(s) et en urbanisme(s) ont été initiées par l'association Au Bout du Plongeoir, à Rennes, en 2017. L’association est un laboratoire d’idées et de rencontres, une plateforme d'expérimentations entre arts, architecture et sciences humaines, qui opère autour de 4 lignes directrices : recherche et créations, philosophie et élaboration, exploration des espace et richesse et transmission.

Le but des RIM est de réunir au même endroit les « décideurs » et les « faiseurs » de l’aménagement de demain afin de mêler les connaissances régionales et internationales pour créer une vision globale et cohérente sur la fabrique de la ville de demain.

Deux éditions ont été programmées, en 2017 et en 2019. La dernière interrogeait de manière interdisciplinaire le thème de la ruine, les vestiges du passé, les réemplois du futur, les espaces de transition et les enjeux de déconstruction. Durant deux jours se sont tenus des ateliers autour de ces problèmatiques.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

Une des productions des rencontres 2019 était la création d’un lexique de l’inter-monde pour un vocabulaire commun à tous les acteurs de l’aménagement. Le centre de ce lexique part du vivant et d’assumer la nécro-masse (masse de matière organique morte présente dans un écosystème). Le lexique suit 4 axes de réflexion: solidaire, norme, libéral, originalité. Élaboré à partir des discussions de la RIM, ce lexique apporte un outil commun pour élaborer des recherches cohérentes.

"INERTIE ET TRAVERSEE TEMPORELLE - La ruine semble posséder une constance. Elle ne paraît soumise ni à l’accélération, ni à la décélération. Elle circule entre passé, présent et futur dans une mue subtile et infinitésimale"

"ENTROPIE - La ruine est une figure de l’entropie. Elle illustre la perte d’un ordre, la dissolution d’une structure, la dégradation d’une énergie."


Projet miroir
© Campus de la transition

D'autres initiatives proposent de constituer des lexiques communs afin de trouver une manière d'exprimer des choses qui parlent à tous, quite à créer de nouveaux mots. Le Manuel de la Grande Transition par le collectif FORTE (Former à la Transition Écologique et Sociale de l’Enseignement Supérieur) répond par exemple au souhait de créer un outil concret autour d'un socle de connaissances sur l'écologie et le développement. Soixante-dix enseignants-chercheurs se sont réunis pour créer un ouvrage inter et transdisciplinaire expliquant la transition écologique grâce à un vocabulaire accessible.

Lien du projet miroir

© fp
© fp
© au bout du plongeoir
Belle-Ile 2070
Concepteurs
Communauté de communes de Belle-Île-en-Mer / commune de Le Palais / de Sauzon, de Locmaria / de Bangor / association des îles du Ponant / Conseil de Développement du Pays D'Auray - Associations : Associations belliloises et autres partenaires du territoire

Lieu
Belle-Île en mer

Date
2018

Milieux
Île / Milieu insulaire

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Acteurs / Mise en réseau

Modalité d'adaptation
S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

En quoi consiste le projet ?

"Belle-Ile 2070" est une association créée en 2018 par des architectes et paysagistes (Les Marneurs) et des habitants de Belle-Ile.
Belle-Île 2070 a été imaginé comme un « laboratoire citoyen de la transition écologique et énergétique », pour créer un « lieu des possibles » et une expertise citoyenne, faire émerger un récit citoyen de la transition et enfin associer énergie, aménagement du territoire et usages dans un paysage de la transition.
L’idée première était de stimuler le débat citoyen autour des problèmes énergétiques. Des actions concrètes ont été lancées comme «Le Ballon Carbone» ou l'interpellation des habitants sur la production quotidienne de CO2 et sur l’impact au long terme de l’augmentation du niveau de la mer.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

Belle-Ile 2070 associe des citoyens, des architectes et paysagistes pour penser la transition de l’île. Ce type de collaboration est rare, de même qu'il y a peu d'architectes et paysagistes qui s'engagent directement dans la vie citoyenne d'un territoire, hors commande publique. A travers cette démarche, les Marneurs s'éloignent d'un cadre de commande classique pour ouvrir un champ de réflexion plus spontané, à travers des actions locales, notamment sur la sobriété énergétique et la gestion des ressources.

Mise en perspective

Des associations se développent petit à petit sur les îles pour engager une transition énergétique à l'échelle des territoires insulaires. Des habitants se sont par exemple regroupés en une « communauté énergétique » pour partager l'électricité solaire produite sur les bâtiments, à travers le projet "Harmon Yeu" à l'Ile d'Yeu ou "Energ'Ile Autonome" à Belle-Ile.

Des citoyens se regroupent aussi pour s'opposer à des projets de production d'énergie renouvelable, qui modifieraient considérablement les paysages insulaires. C'est le cas à Ouessant, avec le collectif Ouessant Vent De Bout' qui refuse la construction d'une éolienne, aux dimensions gigantesques par rapport à la surface de l'île. D'autres manifestent contre les projets éoliens en mer, au large de l'île d'Yeu, de Noirmoutier, ou encore de Belle-Ile.

Projet miroir
© Paysages de l'après petrol

Ces contestations rappellent le besoin de réinterroger le rapport entre nos besoins en énergie et l'impact de la production d'énergie sur les paysages et les écosystèmes. Le collectif Paysage de l'Après Pétrole (PAP) regroupe des paysagistes qui posent ces questions fondamentales pour nos sociétés, au niveau national.

Lien du projet miroir

© Belle Île 2070
© Belle Île 2070
© Sophie Dulau
Le peuple des dunes en Trégor
Concepteurs
Sauvegarde du Trégor et de Force 5 / l’Association Trébeurdinaise des Pêcheurs Plaisanciers / le Comité Départemental des pêches maritimes et des élevages marins des Côtes d’Armor / Cap Plongée Trébeurden et la Ligue de Protection des Oiseaux de l’Île Grande et bien d'autres.. / Alain Bidal

Lieu
Baie de Lannion

Date
2012 - 2020

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Luttes / Mouvements / Empowerment

Modalité d'adaptation
S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

En quoi consiste le projet ?

Le peuple des dunes en Trégor est un collectif créé en 2012 par 31 associations militant contre un projet d'extraction de sable coquillier sur une dune sous-marine toute proche du littoral de Trébeurden. 400000 m3 par an de sable coquillier sur une période de vingt ans, soit au total huit millions de m3, devaient être prélevés par la Compagnie Armoricaine de Navigation (CAN). Ce projet menaçait les écosystèmes marins et mettait en danger les activités de pêche, dépendant du bon état des milieux. En 2018, au bout de huit ans d'actions militantes du collectif (lettres, manifestations...) le gouvernement a pris la décision de mettre fin au projet d'extraction.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : S’associer, coopérer et partager / Amplifier et enrichir les communs / Prendre en compte l’altérité

Le peuples des dunes en Trégor renvoie à une diversité d'associations et de personnes, engagées pour même cause (pêcheurs, défenseurs de l'environnement, clubs de plongée, comités de conchyliculteurs..). A travers ses actions, il témoigne de l'efficacité que peuvent prendre l'action collective et la réunion d'intérêts multiples au nom d'une cause commune.

Mise en perspective

Le nom du collectif est une référence au Peuple des Dunes, formé en 2006 dans le Morbihan, contre l'extraction de granulats sur le massif dunaire de Gâvres-Quiberon par la société Lafarge Granulats. Créé suite à une alerte lancée par l’Association de Sauvegarde et de Protection du Littoral de la Presqu’île de Gâvres (ASPLPG), ce collectif a contribué à l'abandon du projet d'extraction en 2009.

Projet miroir
©RemiBarro

Autre collectif militant et activiste Les soulevements de la terre : "À mesure que s’accélère la dégradation des conditions de vie sur terre, nous sommes de plus en plus nombreux.ses à se sentir tenaillé.e.s par la confusion, la colère et l’absence d'horizon. Qu’attendre d’une énième COP ou d'un catalogue printanier de promesses électorales ? Seul un basculement radical - un soulèvement - pourrait permettre d'enrayer le réchauffement climatique et la 6ème extinction massive des espèces déjà en cours. Au fond, nous le savons, il ne nous reste aujourd'hui plus d'autre voie que de mettre toutes nos forces dans la bataille pour enrayer le désastre en cours, et abattre le système économique dévorant qui l'engendre".

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© Le telegramme
© Le telegramme
Hé... la mer monte ! chronique d'une vague annoncée
Concepteurs
Eric Chaumillon / Mathieu Dumery / Guillaume Bouzard / Université de La Rochelle, laboratoire LIENs / Éditions Plume De Carotte / Parc naturel régional du marais Poitevin

Lieu
La Rochelle

Date
2018

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Arts & Philosophie

Type de projet
Médiation / Pédagogie

Modalité d'adaptation
Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

En quoi consiste le projet ?

« Eh…la mer monte » est un show scientfique destiné au grand public, qui explique les causes et les enjeux du changement climatique et les effets sur le littoral. Eloigné du cours de sciences ou de la conférence, ce spectacle a été imaginé par Eric Chaumillon, chercheur en géologie marine au CNRS, spécialiste de l'environnement des littoraux, Mathieu Duméry, humoriste et youtuber sous le nom de Professeur Feuillage, et Guillaume Bouzard, dessinateur, auteur de bande dessinée. Il est produit depuis 2018 et fait le plus souvent salle comble.
Fort de ce succès, le spectacle a donné lieu à la création d'un livre, "Hé… la mer monte !, chronique d'une vague annoncée", aux éditions Plume De Carotte.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

Ce spectacle et ce livre alertent sur les effets du changement climatique avec humour et sous des formes peu utilisées traditionnellement dans la communication de travaux de recherche universitaire et scientifique.
Il questionne la transmission de connaissance à propos de sujets complexes et la manière de toucher et d'interpeller un public.
Ce choix de formes et de tons de communication non catastrophistes est particulièrement important sur le littoral atlantique autour de La Rochelle, où la tempête Xynthia de 2010 a rappelé de façon tragique la vulnérabilité du territoire à la submersion marine.

Projet miroir
©Cestpassorcier

"He... la mer monte" peut faire penser à l'émission télévisée "c'est par sorcier", qui a abordé pendant une dizaine d'années de manière ludique, à destination des enfants et adolescents, toute une série de questions complexes comme celle de l'érosion côtière.

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© Le Parc naturel régional du Marais poitevin
© eh...la mer monte
© eh...la mer monte
Utopia 56
Concepteurs
L'auberge des migrants / Médecins sans frontières / Salesforce / Fondation l'Abbé Pierre / Après Demain / Fondation de France / Les petites Pierres / Fondation Raja / Fondation Nexity

Lieu
Lorient

Date
2016 - aujourd'hui

Milieux
Dans les terres / Rivières / Forêts / Milieu terrestre

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Luttes / Mouvements / Empowerment

Modalité d'adaptation
Lutter / protéger / préserver

En quoi consiste le projet ?

Utopia 56 est une association nationale, créée en Bretagne par Yann Manzi, en 2016, qui aide et soutient des personnes exilées demandeurs d'asile (mineurs non pris en charge car non reconnus comme tels, familles, hommes et femmes isolés). L'objectif de l'association est d'encadrer et d'organiser le bénévolat d'aide aux exilés et de lutter pour le respect de leurs droits fondamentaux en France. La première antenne s'est formée à Calais, aux frontières avec le Royaume Uni, autour du camp de réfugiés de la jungle de Calais. Puis l'association s'est developpée à Paris, Toulouse, Lille, Tours et Rennes. Utopia compte aujourd'hui plus de 8 000 bénévoles et concentre ses actions sur des collectes de dons, des actions de sensibilisation, des maraudes, l'accompagnement de mineurs isolés, des actions et de l'hébérgement solidaire.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Lutter / protéger / préserver

La force de l'association est son organisation méthodique dans l'aide aux exilés, mais également la mise en oeuvre d'actions médiatiques fortes en faveur d'un accueil digne des exilés en France. Par exemple, plusieurs fois par an, les bénévoles et exilés installent des campements temporaires dans des lieux publics symboliques (places devant les mairies, hôtels de Ville..) pour que l'État français soit forcé à procéder à des mises à l'abri.

Mise en perspective

L'accueil des migrants en Europe est un sujet brûlant dans l'actualité. Les pays européens, pays riches et en paix, attirent les exilés qui fuient des conditions économiques, sociales et politiques déplorables ou des pays en guerre. La Manche, aux portes du Royaume Uni, constitue une des barrières de cette Europe rêvée. La Méditerranée joue ce même rôle.

Projet miroir
© Camille Schmoll

La géographe Camille Schmoll, dans "Les damnées de la mer", a documenté les parcours de femmes migrantes à travers la Mediterranée. Le changement climatique va amplifier de plus en plus les déséquilibres géopolitiques et ces phénomènes de migrations massifs.

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© Utopia 56
© France Info
Remise en culture de friches agricoles
Concepteurs
Banque des Territoires / Groupe Caisse des dépôts / Terre de liens

Lieu
Moëlan-sur-mer

Date
2014 - en cours

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Outil juridique et réglementaire

Modalité d'adaptation
Lutter / protéger / préserver

En quoi consiste le projet ?

Marcel Le Pennec, maire de 2014 à 2020, a mobilisé un article oublié du code rural et de la pêche maritime facilitant la production sur des terres en friche, délaissées. Grâce à cette disposition juridique, ce n'est pas pas moins de 400 parcelles (120 hectares) inoccupées de la commune de Moëlan-sur-Mer qui sont louées à des paysans. Le principe est de stimuler l’économie locale via l’agriculture biologique, tout en luttant contre la forte spéculation foncière et l’artificialisation des sols.
Malgré le mécontentement de certains propriétaires engendrant des pétitions et même des recours devant le tribunal administratif le projet a tenu bon. Ces propriétaires auraient préféré voir leurs parcelles devenir constructibles.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Lutter / protéger / préserver

Ce projet de remise en culture des friches agricoles est un pas important vers une production alimentaire locale et respectueuse de l'environnement. La municipalité insiste sur l'importance de proposer des produits bio et issus de circuits courts dans cantines scolaires se situant dans un rayon de 30 km. Les agriculteurs approvisionnent aujourd'hui les restaurants scolaires à 50% et commencent à fournir aussi certaines maisons de retraites, hôpitaux et restaurants aux alentours. En parallèle, la mise en place d'un marché bio et la création d'une trentaine d'emplois suite au projet font de Moëlan-sur-Mer une commune engagée.

Mise en perspective

Les producteurs biologiques font face à de grandes difficultés pour trouver des terres du fait de la spéculation foncière qui se joue quand les terres agricoles deviennent constructibles. Et lorsqu'il est question de rachat, ils ne font pas le poids face aux grosses exploitations agricoles également acquéreuses.

Projet miroir
© Thierry Sallaud

Aujourd'hui, en Bretagne, 1 300 porteurs de projet cherchent des terres pour s’installer. L'association Terres de liens a accompagné la municipalité de Moëlan-sur-Mer dans son projet de remise en culture de friches agricoles. Né en 2003, Terre de Liens est un réseau associatif national qui soutient les paysans dans leur projet d'installation, informe et rassemble le public autour des enjeux fonciers et agricoles, et ancre le projet Terre de Liens dans une dynamique citoyenne et locale.

Lien du projet miroir

© Jérôme Le Boursicot
© Jérôme Le Boursicot
© Jérôme Le Boursicot
Les éclaireurs
Concepteurs
Université de Nantes & Ifremer / Cyanéa / Région Pays de la Loire / Poisson Bouge

Lieu
Pays de la Loire

Date
2017

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Médiation / Pédagogie

Modalité d'adaptation
Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

En quoi consiste le projet ?

Les Éclaireurs est une web-série humoristique diffusée en 2017 et toujours disponible en ligne. Elle s'adresse aux habitants des Pays de la Loire, et au grand public en général, et fait suite aux quatre années de recherche du projet Coselmar (mené par les chercheurs de l’Université de Nantes et de l’Ifremer ) sur la d’une gestion durable du littoral. La traduction de cette recherche en série de cinq épisodes est très pédagogique et invite à une prise de conscience globale des conséquences de l’activité humaine et des changements climatiques sur nos territoires (algues invasives, risques de submersion, disparition de certaines espèces, évolution de la pêche, de l’ostréiculture..)
Pour chaque épisode, plusieurs fins scénarisées sont proposées, soumises au vote du public. Un contenu informatif court se lance automatiquement à la fin des contenus scénarisés pour apporter un éclairage scientifique. Le public a la possibilité d’en savoir plus en se référant à des contenus informatifs complémentaires (interviews vidéos, datavisualisations, textes, etc.).

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

Les Éclaireurs est un média interactif pédagogique qui parle de recherche et d'adaptation. La web-série sollicite l'intervention du public pendant la vidéo et le met face à des choix et à des décisions qu'il peut prendre à son échelle. Ce format didactique suscite une réflexion et donc une prise de conscience chez le public, ce qui est inhabituel dans ce genre de media.

Les thèmes du littoral, de la mer et de la submersion sont tournés en dérision afin de transmettre les idées et les principes forts du projet de recherche COSELMAR. La transmission par web série pourrait être appliquée à d'autres sujets complexes qui touchent aujourd'hui seulement un public spécialisé.

Mise en perspective

L'humour apparaît comme un mode de communication favorable à des sujets complexes et angoissants. L'économiste Hélène Rey-Valette s'est par exemple intéressée à la perception du risque de submersion marine et à la mise en œuvre de politiques de relocalisation. Elle observe une meilleure acceptation des risques côtiers lorsque la communication autour de ces sujets est tournée avec humour.

© Les éclaireurs mer et littoral
© Les éclaireurs mer et littoral
© Coselmar
Maison mer
Concepteurs
Anouk Edmont et Virginie de Rocquigny / Le Télégramme / Martin Delafosse / Carole Conan

Lieu
Brest

Date
2019

Milieux
Dans l’air / Immatériel

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Création artistique

Modalité d'adaptation
Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

En quoi consiste le projet ?

Maison Mer est un podcast réalisé par Anouk Edmont et Virginie de Rocquigny pour Le Télégramme (quotidien régional breton). Ce podcast donne la parole aux passionnés de la mer, des hommes et des femmes qui ont, ou ont eu, un contact fort avec la mer (une chercheuse plongeuse, un skipper..). La diversité des témoignages permet d'aborder différentes thématiques comme l’exploration, la pêche, la science, la création artistique ou encore le voyage. La première saison date de 2019 avec 10 épisodes durant entre 15 et 30 minutes mais malheureusement il n'y a pas eu de suite pour le moment.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

Le format du podcast permet de toucher une audience large qui n'est pas forcément sensibilisée à la mer et à ses problématiques spécifiques. Le format audio apporte une dimension très immersive grâce à la voix, la musique, et permet de s'ouvrir à une multitude de sujets très facilement.
Maison mer nous plonge au coeur de témoignages intimes, des personnes peu médiatisées avec des parcours singuliers et un lien fort à la mer.
Par exemple, le chercheur Youenn Jézéquel qui étudie le comportement des homards et des langoustes en Bretagne. Ou encore, la conteuse Amandine Orban de Xivry qui, faute de pouvoir s'adresser à une personne partie en mer, jette des bouteilles à la mer depuis Ostende et y insère des histoires.

En plus du format web, des séances d'écoute du podcast ont été organisées dans des cafés, des médiathèques et des festivals autour de Brest (lieu d'enregistrement de Maison Mer).

Projet miroir
© Longueur d'ondes

En février 2020, le podcast a été diffusé au festival Longueur d'ondes, à Brest. Existant depuis 2003 et se caractérisant comme le "festival de la radio et de l'écoute", cet événement permet la rencontre avec des professionnels qui se penchent sur leur activité radiophonique.
Chaque année, cinq jours intenses de rencontres, tables rondes et séances d’écoutes ponctués de rendez-vous plus politiques et engagés autour d'un thème et permettant la découverte de divers sujets.
Le contexte finistérien du festival crée plusieurs occasions d'aborder des sujets maritimes, comme la journée d'écoute de l'édition 2020 organisée à Océanopolis, à laquelle participait les initiatrices de Maison Mer.

Lien du projet miroir

© Maison mer
© Maison mer
© Maison mer
PEPPS
Concepteurs
Universités de Bretagne Occidentale, Bretagne Sud et de Rennes 1 / Fondation de France / Conservatoire du Littoral / Agence de l'eau Loire Bretagne / Parc naturel marin Iroise / Laboratoire Géo Architecture

Lieu
L’Aber en Crozon, Finistère / Les marais de Séné, Morbihan Le marais de l’Islet,Côtes-d’Armor / Le bassin du Mès, Loire-Atlantique

Date
2021 - 2023

Milieux
Estuaire / Delta / Marais / Lagune / Milieu saumâtre

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Recherche / Expérimentation

Modalité d'adaptation
Recomposer autrement / Penser avec la profondeur du territoire / Retisser les liens / Prendre en compte les interdépendances

En quoi consiste le projet ?

Le programme Pertinence Environnementale de la restauration des Petits marais et Prés Salés (PEPPS) traite 4 sites d'études situés à l'interface terre / mer qui représentent de grands enjeux pour la protection du littoral et la biodiversité. Espaces coupés du littoral, leur « dépoldérisation » permet la remise en eau ou reconnexion à la mer dans une dynamique de préservation des espaces naturels littoraux ainsi que pour lutter contre les risques de submersion. PEPPS interroge la pertinence de la dépolarisation à travers des cas d'études et des équipes de recherche pluridisciplinaires.

Une première phase de recherche en 2019-2021 s'intéresse aux sites ayant déjà vécu une dépolarisation afin de comprendre les dynamique écologiques.
Une seconde phase de recherche de janvier 2021 à juin 2023 va se concentrer exclusivement sur le temps court de ces dépoldérisations : le « juste avant » et le « juste après » afin de donner des clés pour mieux comprendre les phénomènes écologiques de restauration des marais et prés salés.

Les potentialités environnementales pourront être évaluées suite à la reconnexion au milieu marin en comparant les sites étudiés à des marais poldérisés.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Recomposer autrement / Penser avec la profondeur du territoire / Retisser les liens / Prendre en compte les interdépendances

Situés à l’interface terre-mer, les marais et prés salés jouent un rôle important dans la préservation de la qualité des eaux côtières et sont eux-mêmes souvent sous l’influence de la qualité des eaux continentales. Soumis à de fortes pressions ou dégradations, notamment liées à des opérations de poldérisation, la restauration de ces milieux est un enjeu important en termes de biodiversité et de fonctionnalité de la trame verte littorale.

Face à la complexité de la mise en place d’actions de restauration sur les grands marais salés, les « petits » systèmes de marais pourraient présenter un potentiel important à prendre en compte et à valoriser.

Projet miroir
©️Adeline Citré

Une mise en perspective peut être faite avec le projet Adapto, porté par le Conservatoire du littoral, qui expérimente la mise en place d'une gestion souple du trait de côte sur 10 sites littoraux français. L'effacement ou le non-entretien de certaines digues entraine là aussi des phénomènes de dépoldérisation.
PEPPS est en quelque sorte un focus sur les problématiques des petits marais et prés salés.

Les deux approches participent à redonner une attention et une place à des écosystèmes littoraux fragilisés et contraints par la poldérisation et l'aménagement du littoral. Elles répondent au souhait de retrouver des espaces moins structurés par l'homme.

Lien du projet miroir

© Al. Pailloux
© Séminaire d'adaptation des marais littoraux au changement climatique
Paysans de nature
Concepteurs
LPO Pays de la Loire (Frederic Signoret) / LPO Vendée

Lieu
France

Date
2017

Milieux
Dans les terres / Rivières / Forêts / Milieu terrestre

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Acteurs / Mise en réseau

Modalité d'adaptation
Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

En quoi consiste le projet ?

Le projet Paysans de nature fédère naturalistes, paysans et consommateurs. Il facilite l'installation de paysans volontaires, favorables à la restauration et à la conservation des habitats naturels et des espèces sur les terres qu'ils cultivent. Ces paysans cherchent à concilier la préservation de la biodiversité et leurs productions agricoles. Au-delà de la préoccupation de produire une agriculture biologique, ils s'interrogent sur la place laissée à la nature sauvage et sur les cultures et les modes de production qui pourraient être favorables à cette biodiversité.
Le projet sous-entend la mise en réseau d'acteurs (structures agricoles, associations de consommateurs, associations naturalistes, etc.). Il permet de faciliter l’accès au foncier en mobilisant des fonds privés. Ce réseau constitue aussi un soutien technique et moral aux paysans.

Pour aller plus loin, le livre "Paysans de nature, réconcilier l'agriculture et la vie sauvage" a été édité en 2018. Il dresse le portrait de plus de 50 paysans engagés pour une agriculture respectueuse de la nature.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

Ce projet propose de sortir des oppositions entre agriculture et nature. Il prouve même que les deux peuvent être co-bénéfiques lorsque agriculteurs, naturalistes et consommateurs s'associent. C'est cette mise en lien qui fait transition vers des pratiques de territoire adaptées au dérèglement climatique.

Les initiatieurs de cette démarche tiennent à ce que le projet ne soit pas un label afin de se protéger d'un usage potentiellement marchant du nom "Paysans de Nature". Bien que la démarche de valorisation des produits propices à la biodiversité soit envisageable par ailleurs, une potentielle attractivité commerciale serait contraire à la volonté de promouvoir l’installation paysanne, grâce à des personnes portant avec conviction les valeurs du projet sans intérêt financier.

Mise en perspective




Projet miroir
©Conservatoiredulitoral

Le conservatoire du littoral mène des actions en faveur de l'agriculture littorale qui peuvent être rapprochées de Paysans de nature. Sur des terrains propriétés du conservatoire, l'organisme foncier favorise l’installation de jeunes agriculteurs et préserve l'activité agricole dans ces secteurs fragiles. Cette politique permet de redynamiser des micro-filières en déprise et de cultiver le dialogue avec le monde agricole. Le conservatoire accompagne ainsi le maintien d'une agriculture qui préserve les équilibres écologiques et la valorisation des paysages.

Lien du projet miroir

©-Gaetan-Calmes
© PaysansdeNature
©-Julien-Sudraud
Carte émotionnelle de Concarneau
Concepteurs
ANPU / Bureau d’Intervention Graphique / La Ville de Concarneau

Lieu
Concarneau

Date
2018-2019

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Médiation / Pédagogie

Modalité d'adaptation
Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

En quoi consiste le projet ?

La Carte émotionnelle de Concarneau a été produite par l'ANPU (agence de psychanalyse urbaine) dans le cadre de l'opération "J'habite ici !", lancée par la Ville de Concarneau. Anciennement connu pour son port de pêche, Concarneau cherche aujourd'hui à se réinventer.

L'ANPU rassemble une équipe pluridisciplinaire autour d'une problématique commune : comment guérir les villes ? Métaphoriquement l'ANPU propose avec humour de « coucher les villes sur le divan » pour mieux analyser leurs névroses, refoulés et non-dits. Sa démarche passe par des ateliers participatifs loufoques, où ils placent les habitants au centre de la réflexion sur la ville.

Réalisée sur deux ans dans le cadre de la révision du PLU (Plan Local d'Urbanisme), la carte émotionnelle est une carte subjective cocasse de la ville élaborée à partir des perceptions que les habitants se font de l'espace urbain. Des ateliers participatifs comprenaient la création de maquettes, des collages ou encore de photos mettant en scène des figurines dans la ville et s'adressaient à toutes les générations.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

Le travail de cartographie sensible de l'ANPU a pour objectif de révéler l'inconscient d'un territoire. Il apporte une compréhension des lieux en tenant compte de leur complexité, en questionnant les habitudes, les ressentis et les a priori des habitants.

« On ne s’inscrit pas du tout dans une démarche universitaire, il n’y a d’ailleurs pas de psychanalystes de formation dans nos rangs. Notre approche est plutôt artistique et poétique : on capte des choses, on les interprète… C’est un regard subjectif complètement assumé ».

En plaçant tous les habitants au coeur de son travail, l'ANPU ravive les connaissances et représentations de chacun sur un lieu, toutes générations confondues. La carte émotionnelle crée un matériau vivant qui agrège sous une même forme des souvenirs anciens, des éléments de la mémoire collective et des envies pour le futur.

Projet miroir
© Étrange ordinaire

D'autres initiatives mettent en avant les ressentis des habitants et en particuler leurs souvenirs. Le projet "Collecte de souvenirs" porté par Étrange Ordinaire (agence de design de services et d’innovation sociale spécialisée en expérience usager et en conception participative) donne par exemple la parole aux habitants d'un lieu afin de mieux connaître le histoire.
De nouvelles réflexions peuvent ainsi émerger à travers la transmission orale et écrite de ce patrimoine immatériel. Pour révéler les spécificités d'un lieu, qu'y a-t-il de plus fécond que les paroles de ceux qui l'ont expérimenté au quotidien?

Lien du projet miroir

© ANPU
© ANPU
© ANPU
© ANPU
© ANPU
Dispositifs de protection de la Rochelle
Concepteurs
Landescape / B. Schlumerger / Virginie Segonne-Debord / Arcadis / Artelia / Cecibat / Ville de la Rochelle / Éric Perrin

Lieu
La Rochelle

Date
2017 - 2020

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Architecture & Manière d'habiter le territoire

Type de projet
Architecture / Design / Technique

Modalité d'adaptation
Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

En quoi consiste le projet ?

Suite à la tempête Xynthia et dans le cadre du PAPI (Programmes d'Actions de Prévention des Inondations), la Ville de la Rochelle a fait appel à l'architecte-paysagiste Barthélemy Schlumberger pour repenser le Quartier Gabut et la Ville en Bois face aux inondations. L'objectif principal était de protéger ce secteur urbain des submersions marine en travaillant avec les enjeux paysagers et patrimoniaux du site.

La démarche de l'Atelier de Paysage Landescape a été d'intégrer un système de protection aux inondations dans le dessin de l'espace public. Le projet s'intègre au site tout en protégeant la population de l'aléa grâce à plusieurs systèmes ingénieux "cachés" dans le paysage (batardeaux amovibles , mobilier urbain, reprofilage du niveau des sols. Une intégration globale des ouvrages protégeant des submersions..). Le projet été conçu en prenant en compte la hauteur de la crue lors de la tempête Xynthia et en ajoutant 20cm.

L'architecte au titre de l'ONG Bleu Versant, a élaboré en parallèle un projet de sensibilisation au risque d'inondation à travers un travail sur la mémoire du risque. "Les Arbres Bleus" vient réactiver la mémoire d'un lieu par un acte simple, nécessitant peu de moyen mais qui amène un public large (touristes, habitants, écoliers...) à s'interroger sur la mémoire d'une catastrophe et notre capacité de résilience.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

Initialement les digues ont été construites pour protéger et défendre des assauts de la mer, elles sont très souvent construites comme des murs entraînant des coupures et des frontières entre la mer et la terre. Ici, la diversité de dispositifs de protection utilisée par l'architecte permet d'intégrer le système de protection au sein du paysage littoral sans l'endommager et de garder une vue ouverte vers l'horizon.

On observe donc une volonté d'intégration paysagère de la part des élus afin de «sécuriser sans dénaturer», par l’action de rendre invisible ce qui protège. Plus que de l'intégration, l'ouvrage de protection disparaît complètement dans l'aménagement urbain, le danger est donc invisible au quotidien. Comme vu plus haut, la cote de référence choisie pour les prochaines crues est le niveau de Xynthia +20cm, il est important de noter que l’idée première était de faire des ouvrages à +60cm mais par manque de fonds le projet a été abandonné. Dans un sens, il aurait été plus compliqué de dissimuler les dispositifs de protection afin d'atteindre +60cm.

L'architecte a fait le choix de laisser accessibles les espaces submersibles dans une volonté de confrontation à l'aléa lors des inondations. Ainsi, lorsque certains espaces sont submergés la mémoire liée au risque s'active par le rappel de la présence de l'eau au sein de la ville.

Projet miroir
© BIG Architecture

A une toute autre échelle, le projet Big U, sur les berges du sud de Manhattan, propose d'intégrer les dispositifs de protection des rivages dans l'aménagement urbain et paysager. L'agence d'architecture danoise BIG Architecture a ainsi conçu une large digue de protection inégrant une variété de dispositifs, tels que des pistes cyclables, des jardins et parcs en escalier, des cheminements surrélevés, etc. Bien que ce projet réponde à la réduction du risque de submertion, il ne reste cependant réalisable dans sa totalité qu'avec un budget très conséquent ($816 millions), rendant ainsi la réalisation complète de tous les segments peu probable ou sur du très long terme. En effet, le projet dans sa globalité (le U) a été divisé en plusieurs sections, dont la construction des premières parties devraient débuter en 2022.

Lien du projet miroir

© Atelier de Paysage Landescape
© Julien Chauvet
© Julien Chauvet
Splann!
Concepteurs
Anne Giroux / Raphaël Gitton / Alain Goutal / Juliette Cabaço Roger / Gwenvaël Delanoë / Sylvain Ernault / Kristen Falc’hon / Faustine Sternberg

Lieu
Guingamp

Date
2021

Milieux
Dans l’air / Immatériel

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Luttes / Mouvements / Empowerment

Modalité d'adaptation
Lutter / protéger / préserver

En quoi consiste le projet ?

Splann! («clair», «limpide» en breton) est une association à but non lucratif créée en février 2021 qui produit des enquêtes journalistiques indépendantes. Rédigé en français et en breton, ce media d’investigation cherche en priorité à donner accès à une information gratuite et étayée, sur des sujets environnementaux touchant la Bretagne.
Sur le modèle de son parrain, le media Disclose, les enquêtes sont financées par les dons de particuliers ou de fondations philanthropiques. Splann! refuse tout mécénat provenant de partis politiques, d'institutions publiques ou d'entreprises privées. Disclose existe, lui, depuis 2018 et plusieurs de ses investigations ont fait date, comme les enquêtes sur l'agro-alimentaire breton, en particulier sur les algues vertes, ou sur les pollutions générées par l'entreprise Lactalis.
Splann! a publié une première enquête sur la pollution de l’air à l’ammoniac en Bretagne et dénonce les risques sanitaires et la catastrophe écologique qu’engendrent les industries agroalimentaires sur le territoire breton.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Lutter / protéger / préserver

Ce media associatif d'investigation tient à son indépendance et veille à éviter toute prise d'intérêts privés ou publics à travers un financement citoyen: "Nous voulons produire des enquêtes au long cours en donnant le temps et les moyens à nos journalistes d’aller au bout de leurs investigations. Nous souhaitons aborder des questions d’intérêt général en étant protégés de toute pression et censure."

Splann! souhaite informer librement sur des sujets d'intérêt général en Bretagne, potentiellement censurés pour protéger des intérêts politiques et économiques. "Nous croyons dans un journalisme de transformation sociale et à l’importance de l’information pour contribuer au changement."

Projet miroir
© Revue Z

Un autre journal d'investigation français a retenu notre attention : la revue Z , créée en 2009, qui se caractérise par un travail d’enquête et de critique sociale sortant du format classique du journalisme. À raison d’une publication par an, la revue thématique s'appuie sur travail d'enquête en immersion dans un territoire donné, qui fait l'objet de plusieurs articles et d'une production iconographique spécifique.
A l'écoute des habitants et de leurs témoignages, les rédacteurs s’attaquent à des sujets invisibles dans le champ médiatique, touchant aux discriminations sociales.

Bien d'autres médias étrangers nourrissent ce journalisme d'investigation, comme The Funambulist, Nothing2hide ou encore Forbiddenstories.

Lien du projet miroir

© Splann!
© Splann!
© Jean-Philippe Corre
FUGASCIA
Concepteurs
Fondation de France / Université Bretagne Sud (Géoscience Océan) / Lorient Agglomération / Presqu'île de Gâvres / Archipel / Les enfants du Marais / Peuple des Dunes / RIEM

Lieu
Gâvres

Date
A partir de 2019 - en cours

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Recherche / Expérimentation

Modalité d'adaptation
Apprendre à vivre avec / Porter attention au réel / Prendre en compte les transformations, les rythmes et les seuils

En quoi consiste le projet ?

La presqu’île de Gâvres, dans le Morbihan, est l’un des plus grand massif dunaire de Bretagne. En dehors des phénomènes d’érosion et submersion, les dernières tempêtes de 2020 ont causé de nombreux dégâts sur la Grande Plage de Gâvres longue de plus de 1,7 km. Suite à ça, un suivi et une gestion du site ont été mis en place en 2020 grâce au projet FUGASCIA « Le futur de la Presqu'île de Gâvres : vers une stratégie durable et citoyenne d'adaptation au changement climatique ». Le projet consiste dans un premier temps à la constitution d’un site OCLM "L’Observatoire Citoyen du Littoral Morbihannais" afin d‘observer le battement sédimentaire de la plage, les effets des différents ouvrages installés sur la plage ainsi que l’évolution de la végétation de l’avant dune.
Dans un second temps, il s’agit d’instaurer une réflexion et une concertation collective sur les stratégies durables d’adaptation face au changement climatique ( un premier atelier à déjà eu lieu en juillet 2021 sur la mémoire du risque côtier.)

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Apprendre à vivre avec / Porter attention au réel / Prendre en compte les transformations, les rythmes et les seuils

FUGASCIA repose sur les sciences participatives et la concertation citoyenne. Des débats sur les stratégies d’adaptation face au changement climatique rassemblent citoyens, élus, gestionnaires et scientifiques, à travers différents ateliers, réunions ou sondages, et permettent une implication directe des habitants dans les réflexions liées au trait de côte. FUGASCIA permet d'aborder les problématiques d'adaptation d'un point de vue collectif et prospectif.

Projet miroir
© OCLM

La plage du Gâvres est la première station COASTNAP installée en France. Le principe est le suivant: des cadres métalliques permettent de prédéfinir des points de vue et d'y poser son téléphone pour prendre une photo et la télécharger sur une application et ainsi venir enrichir les données de l'observatoire du trait de côte OCLM. Par ces photos, le passant devient producteur de données scientifiques et acteur du littoral. Il apporte directement son aide aux scientifiques travaillant sur l'érosion.

Lien du projet miroir

© OCLM
© OCLM
© OCLM
© OCLM
La belle folie
Concepteurs
André Raibaut/Aloys le Claquin/Xavier Bodiguel / MKS Architecture / Groupe Coupechoux / l’école Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes / Lycée agricole de Kerplouz / mairie de Ploemel

Lieu
Ploemel, Morbihan (56)

Date
depuis 2019

Milieux
Dans les terres / Rivières / Forêts / Milieu terrestre

Catégorie
Architecture & Manières d’habiter le territoire

Type de projet
Lieux / Espaces partagés

Modalité d'adaptation
Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

En quoi consiste le projet ?

La Belle Folie est un lieu de détente et de loisirs, situé à Ploemel, dans le Golfe du Morbihan. Il réunit des activités de restauration, des activités pédagogiques et culturelles, ou encore de l'hébergement touristique insolite.
Le projet s'appuie sur des valeurs sociales, pédagogiques et environnementales partagées. Il valorise ce qui produit, fabriqué ou conçu localement et favorise les rencontres et les échanges.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Créer de nouvelles pratiques / Changer de comportements / Détourner les usages / Transformer nos manières de vivre

Le complexe offert par La Belle Folie présente une façon de faire du tourisme différente du tourisme balnéaire de masse. L'équipe propose un tourisme local, dans les terres, responsable et écologique, qui prône des valeurs telles que le partage et le respect. Dans une démarche de discrétion et d’insertion, cette plateforme propose une activité touristique respectueuse du lieu et qui sait le mettre en valeur. Implanté au cœur de la forêt de Ploemel, les visiteurs peuvent se réunir autour d’ateliers pédagogiques et de sensibilisation au changement climatique. L’occasion d’apprendre à vivre et consommer autrement autour d’activités de permaculture, d’agro-écologie et de zéro-déchet.
L’association avec l’ENSA de Nantes permet aux étudiants en architecture de concevoir et réaliser des habitations temporaires grâce à des matériaux issus de la récupération.

Projet miroir
© Philippe Bourdeau

Tandis que La Belle Folie propose une nouvelle façon de faire du tourisme autour de thématiques agrologiques et environnementales, les Refuges Sentinelles situés dans les Alpes présentent un dispositif expérimental d'observation du changement climatique en haute-montagne.
Les différents refuges répartis dans le massif des Alpes accueillent des passant.e.s, scientifiques, chercheur.euse.s, des partenaires institutionnels, des associations et syndicats professionnel.le.s, des acteur.rice.s du tourisme en montagne afin d’interroger les relations de l’humain à la biodiversité.

Piloté par le LabEx ITEM et le Parc national des Ecrins, ce projet de recherche vise à accompagner les gardiens et gardiennes de montagnes dans la mise en œuvre de récolte de données et de méthodologies adaptées au territoires de montagnes. Les résultats obtenus suites aux différentes observations font l’objet de restitution écrites et orales auprès de scientifiques et du grand public, de base de données et constituent un support d’éducation.

Lien du projet miroir

© 2020 MKS architecture
© 2020 MKS architecture
© 2021 La Belle-Folie
©-2021-La-Belle-Folie
VALMER
Concepteurs
programme Interreg IVA (Manche) / Ifremer / AAMP / UICN / MEEM / UMR AMURE / SIAGM / Devon County Council / Dorset County Council / Cornwall Council / Plymouth University / Plymouth Marine laboratory / Marine Biological Association

Lieu
Golfe du Morbihan / Parc Naturel marin d'Iroise / Golfe Normand-Breton / Plymouth Sound-Fowey / North-Devon

Date
2012-2015

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Projet de territoire / Gouvernance

Modalité d'adaptation
Recomposer autrement / Penser avec la profondeur du territoire / Retisser les liens / Prendre en compte les interdépendances

En quoi consiste le projet ?

Le projet franco-anglais VALMER mené sur 3 ans et co-financé par le programme Interreg IVA Manche s'intéresse aux espaces marins et littoraux sur 6 sites différents : Le golfe du Morbihan, le parc naturel marin d'Iroise, le golfe normand-breton ainsi que Plymouth Sound-Fowey et North-Devon en Angleterre. Marqués par le réchauffement climatique, les espaces marins et littoraux sont affaiblis par l’activité humaine et tendent à se dégrader.

Le projet VALMER propose d'appréhender les six sites choisis par l’évaluation des services écosystémiques. Les services écosystémiques correspondent aux bénéfices que les Hommes estiment retirer de la nature. Cette approche consiste à prendre en considération les interactions existantes entre les habitats et les espèces d’un système mais aussi les relations avec les sphères sociales et économiques. En proposant de nouvelles approches et méthodes aux gestionnaires de la mer et du littoral, le projet permet une meilleure gestion et gouvernance des espaces.

Chaque territoire est abordé selon une thématique spécifique dans l’optique d’explorer, avec les acteurs locaux, des implications possibles de nos choix sur les services écosystémiques, sous la forme de scenarii. Par exemple, sur la région du golfe du Morbihan, une étude a été menée sur les herbiers de zostères préconisant une nouvelle approche sur ces végétaux inconnus du grand public. Au parc naturel marin d’Iroise, l’équipe s’est intéressée aux potentialités des champs marins de laminaires et aux services rendus par cette ressource.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Recomposer autrement / Penser avec la profondeur du territoire / Retisser les liens / Prendre en compte les interdépendances

Grâce à une démarche d’investigation méthodique, le projet VALMER met en relation un réseau d’acteurs divers et spécialisé au service de la valorisation du milieu littoral.

Le projet VALMER rend compte des richesses offertes par ces milieux marins par la prise de conscience de la valeur de leurs services écosystémiques. Un système de classification rigoureux place chacun de ces services dans des catégories allant du service de production, de régulation mais aussi de support à d’autres productions et de services culturels immatériels. Estimer les valeurs de ces services que ce soit d’un point de vue social, culturel ou environnemental inscrit les territoires marins au cœur des problématiques de gestion de l'environnement. Recenser les fonctions écologiques de ces milieux permet une meilleure compréhension de leur potentiel d’adaptation au changement climatique, de l’influence possible de la gestion sur ces changements mais aussi de celle d’autres acteurs. Porter attention à ces écosystèmes marins donne à voir un milieu peu représenté et encourage la protection de ceux-ci.

Ce projet s’inscrit dans une démarche de sensibilisation auprès des gestionnaires de la mer et du littoral mais aussi du grand public à l’aide d’outils de médiation. L’élaboration de livrets, d’un film d’animation et d’une bande dessinée ainsi qu’un atlas cartographique dans l’étude du cas des herbiers de zostères par exemple, participe à la bonne diffusion des informations.

Mise en perspective

Mettre en relation les écosystèmes et les êtres qui composent le vivant, Shigeatsu Hatakeyama partage dans son livre "La forêt amante de la mer" les relations naturelles et interdépendances subsistant entre tous les éléments du vivant. Il met aussi en avant notre rôle à jouer dans ces écosystèmes et ce qu’ils peuvent nous apporter en retour. La démarche de Shigeatsu Hatakeyama inclut l’homme de manière très poétique et discrète dans la reconnexion des éléments du vivant, comme un liant.

De manière générale, les raisonnements écosystémiques inscrivent cependant la protection des écosystèmes dans une logique utilitariste. Le processus de protection n’est invoqué que dans la mesure où ces milieux offrent des ressources à l’Homme et risquent de disparaître et de mettre en péril les modes de vie humains. Aussi, la prise en compte des facultés de certains écosystèmes peut s’avérer contre-productive. Par exemple, les facultés d'absorption en carbone des organismes marins peuvent être comptabilisées dans les bilans carbone faits par les villes côtières et ainsi rassurer, voire dédouaner, les êtres humains de leur devoir de protection des écosystèmes et de réduction d’émission de carbone.

© valmer
© SIAGM
© OSPAR-Commission
© French Marine Protected Areas Agency
© valmer
Mer
Concepteurs
Olivier Bourbeillon (production) / Olivier Bourdeur (réalisation) / Claude Bourdeur (acteur) / Pierre-Albert Vivet 'ingénieur son) / Ress A Sser (compositeur) / Samuel Mittelman (mixeur) / Paris-Brest Productions / Centre National du Cinéma et de l'Image Animée / Région Bretagne / CNC / Département du Finistère

Lieu
Mer d'Iroise

Date
2016

Milieux
Dans l’eau / Mer / Milieu marin

Catégorie
Arts & Philosophie

Type de projet
Création artistique

Modalité d'adaptation
Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

En quoi consiste le projet ?

A travers un film court mettant en scène son frère jumeau, Olivier Broudeur propose de rétablir le lien complexe et essentiel entre la mer et l’Homme. Le film montre un homme affrontant les caprices de l’eau, les plans muets et épurés se succèdent immergeant le spectateur au cœur de sa nage. La bande son du film a entièrement été recomposée en post-production grâce à des séquences de sons de la mer, des oiseaux et du vent. Cette composition sera récompensée en 2017 au festival Côté Court à Pantin avec le prix de la meilleure composition sonore. Olivier Broudeur présente à travers cette fiction l’allégorie du combat d’un individu face aux forces naturelles qui le dépassent.

Le film débute dans une eau calme et inconnue, l’homme progresse dans son immensité et atteint au bout d’un certain temps la terre afin de s’y reposer. Au milieu des algues et végétaux, il s'assoupit au soleil. Soudainement réveillé par la houle, il doit rentrer et reprend sa nage à travers une mer de plus en plus agitée, confronté aux dangers de ce milieu imprévisible et changeant.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

A travers cette histoire simple mais évocatrice, le réalisateur diplômé en philosophie et ethnologie présente un film presque métaphysique. Il réinterroge le rapport entretenu entre l’Homme et la mer ou plus généralement la force de l’eau.

Les plans larges récurrents rendent compte de l’immensité de la mer et de l’inconnue qu’elle peut représenter aux yeux des hommes. Face à une force qui le dépasse, le nageur tantôt partagé entre une sensation de plénitude et d’inquiétude se livre à un élément capricieux et puissant. Il éprouve la mer et ses mouvements jusqu’à en perdre ses repères spatio-temporels. Le réalisateur malmène le nageur dans une relation compliquée avec la mer. La puissance démontrée de la mer réinscrit sa légitimité auprès de l’Homme en le plaçant dans une position d’humilité. Il fait partie de ce milieu mais seulement de manière temporaire, il doit adapter la cadense de sa nage face aux éléments devenus maîtres de sa traversée.

Cette expérience vivante vécue par le nageur définit une nouvelle façon d’être au monde. Changer de référentiel permet de déconstruire une vision parfois trop anthropocentrée afin d’apprendre à respecter, protéger un milieu que l’Homme ne gouverne pas mais dont il fait partie. En se confrontant à la force de ces éléments on en vient presque à se questionner sur comment vivre ou comment survivre dans des milieux dont les changements s'accélèrent ?

Mise en perspective

Le rapport qu'entretient l’Homme avec la nature est une problématique souvent abordée par les artistes. L'œuvre de Baudelaire “l’homme et la mer” réinterroge l’entité idéalisée de l’Homme avec la mer et donne à voir la relation passionnelle et compliquée entre ces deux éléments. L’Homme n’est pas un animal marin et c’est à travers ce court-métrage que l’on comprend la démarche de l’être humain à s’adapter à ce milieu changeant et inconnu. Métaphore des dangers de la mer et de la montée des eaux, l’Homme tente de s’adapter mais est rapidement remis à sa place. La façon dont est filmé ce court-métrage facilite l’identification et permet au spectateur de se projeter dans la situation du nageur.

Projet miroir
© Alice Audouin

Toute la réflexion menée sur la remise en question de notre conception du monde est génératrice de projets engagés pour la protection de la biodiversité marine. Des artistes comme Janet Laurence mettent en lumière les conséquences du réchauffement climatique sur le monde marin. Son projet Deep Breathing – Resuscitation for the Reef, symbolise la grande barrière de corail en réanimation et révèle son devenir mais aussi des solutions.

Lien du projet miroir

© unifrance
© unifrance
© unifrance
© unifrance
© unifrance
Les maisons endormies
Concepteurs
Maxime Voidy, photographe

Lieu
Bretagne

Date
?

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Arts & Philosophie

Type de projet
Création artistique

Modalité d'adaptation
Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

En quoi consiste le projet ?

Maxime Voidy propose une collection de photographies de résidences secondaires de stations balnéaires en Bretagne. Ces “Maisons Endormies” comme il aime les appeler, sont désertées en basse saison, les volets fermés et l’herbe grandissante, elles attendent chaque année le retour de leur propriétaire ou l’arrivée de nouveaux locataires. Les villes de la côte prennent alors une apparence de ville fantôme seulement habitée en période estivale.

Le projet du photographe Maxime Voidy consiste à élaborer un inventaire de portraits de maisons délaissées afin de proposer un regard nouveau sur ces formes architecturales diverses. A travers son objectif, l’artiste s’intéresse à l’histoire que chaque maison a à raconter et met en évidence la poétique de ces sculptures architecturales. Chacune des habitations est photographiée avec une optique 50 mm et contenue dans un cadre. Les photographies sont toujours réalisées en semaine et par un temps gris permettant de mettre en valeur l’édifice et d’uniformiser l’inventaire.

Aujourd’hui, le projet Les Maisons Endormies présente une centaine de photographies réparties sur 10 stations balnéaires de Bretagne.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

Maxime Voidy s'intéresse aux stations littorales avec plus de 50% de résidences secondaires et propose un regard personnel sur les diverses formes architecturales créés par ces pratiques de bi-résidentialité. Il axe sa recherche sur ces lieux partiellement inhabités et s’efforce de révéler leurs spécificités.

La villégiature rappelle l'envie de retrouver chaque année un décor immuable de bord de mer, qui réapparaît en redonnant vie à ces maisons fermées. Ce décor fantasmé est le symbole des vacances et des moments de détente, face à la mer. D'un été à l'autre, il faut que rien ne change, quoi qu'en coûte aux habitants à l'année, qui voient les prix immobiliers s'envoler, les villes littorales désertées en hiver, les activités tournées exclusivement vers le tourisme.

Montrer d'autres aspects, moins idylliques, de ce littoral balnéarisé permet d'interroger nos manières d'habiter et l'attrait du tourisme balnéaire, encore très présent aujourd'hui.

Mise en perspective

Maxime Voidy poursuit son axe de recherche sur les territoires inhabités à travers l’étude du port de Keroman dans la ville de Lorient, en Bretagne. Ce port de pêche très animé en journée par le vacarme des camions de marchandises redevient silencieux la nuit et laisse place à une architecture industrielle inanimée.
C’est lors de cet arrêt dans le temps que Maxime Voidy aime s’aventurer entre les structures métalliques. Il réalise Keroman / Kergroise tout comme Les Maisons Endormies un inventaire de ces édifices abandonnés le temps d’un instant. La série photographique en noir et blanc est réalisée la nuit afin de capter l’essence même du lieu. Les machines inanimées, l’éclairage cru des lampadaires et l’obscurité au pied du mur, une fois de plus l’artiste rend compte de la trace laissée par l’Homme sur son environnement : un lieu imprégné par la mondialisation et l’industrialisation.
Marqué par l’activité portuaire, ce lieu est inhabité, l’Homme n’y vient que pour travailler. L’intention de Maxime Voidy est alors de voir au-delà de cette zone d’activité afin d’imaginer l’histoire du port et ce qui en fait sa beauté dans son exploration. Le photographe ne précise pas la date de prise de ses photographies, les rendant ainsi presque intemporelles, comme si cela n’avait pas d’importance sur la démarche.

Projet miroir
©opplittoral-paca.fr

Plusieurs institutions publiques en Provence-Alpes-Côte d'Azur ont financé un observatoire photographique du paysage littoral vu depuis la mer. Cette initiative se distingue aussi du point de vue frontal, face à la mer, associé à la villégiature.

"L'objectif de cet observatoire doit être de modifier notre regard et l’approche que nous avons de cet espace convoité, soumis à de nombreuses pressions. Attaquer la littoralisation par l’angle du paysage vu depuis la mer consiste à réaliser une synthèse transversale de tous les enjeux, à offrir une conscience plus aiguë des actions menées actuellement qui modifient les équilibres antérieurs sans possibilité de résilience."

Confiée au photographe Jean Belvisi et aux architectes urbanistes Odile Jacquemin et Jean-Louis Pacitto, de la structure d’ingénierie culturelle Mémoire A Lire, Territoire A l’Ecoute (MALTAE), la mise en œuvre de l’observatoire s’est faite sur les deux années 2014-2015, en mobilisant plus d’une soixantaine d’acteurs de tous profils.

Lien du projet miroir

© Maxime Voidy
© Maxime Voidy
© Maxime Voidy
© Maxime Voidy
© Maxime Voidy
Par les rivages
Concepteurs
Myrtille Fakhreddine, architecte, et Laura Thomassaint, auteure et metteuse en scène / Ardepa / DRAC Pays de la Loire / Conseil régional des Pays de la Loire / Réseau des Maisons de l'Architecture / Caisse des Dépôt Mécénat / Conseil National de l'Ordre des architectes / Ministère de la Cutlture

Lieu
St Nazaire

Date
2017-2018

Milieux
Île / Milieu insulaire

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Création artistique

Modalité d'adaptation
Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

En quoi consiste le projet ?

Dans la ville de Saint Nazaire, une architecte et une metteur en scène ont mené une réflexion sur la notion d’habiter la ville de manière collective et créative. Dans le cadre de la résidence d’architectes « Par les rivages » initiée par le ministère de la culture, les deux femmes ont entrepris un travail de mémoire et de souvenirs partagé avec les habitants de l’île. A travers des ateliers créatifs et des performances dispersées dans la ville le temps de deux mois, elles ont travaillé sur les problématiques liées à l’identité des territoires comme celle de Saint Nazaire et en particulier celle du quartier du Petit Maroc, espace ambigu à l’apparence d’une île. Décomposé en 4 ateliers, ce travail d’observation et de création propose aux habitants une nouvelle appréhension du territoire. Les productions artistiques réalisées ont été installés dans tout le quartier, afin de partager avec les habitants l'éventail des visions de leur territoire qu'ils vivent et parcourent chaque jours.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

Les ateliers menés avec les habitants du vieux Saint Nazaire ont permis de mobiliser les potentialités de chacun, qu’il s’agisse d’un adolescent, d’un pêcheur, d’une femme âgée ou d’enfants. Recoller un territoire morcelé par l’urbanisation, riche mais en manque de cohérence, se devait d’impliquer les habitants de ce territoire. Toutes les créations ont réuni des volontaires lors de chantiers participatifs, avec l'idée qu’ils se réapproprient ce quartier trop souvent incompris et dévalorisé.
En révéler les potentialités, les richesses mais aussi les opportunités a permis de produire une pensée issue de la poésie de l'espace et de sa mise en récit, afin de la partager avec les habitants des lieux. La résidence d’architectes a contribué à dépasser les préjugés et à ouvrir le regard des habitants et des acteurs locaux sur des problématiques contemporaines liées à un territoire mutilé et hétéroclite, pouvant ainsi déclencher une conscience collective sur le long terme.

Projet miroir
© Zones portuaires

Les zones portuaires, milieux façonnées par l’industrialisation, sont éloignées de l’image d’épinal du littoral balnéaire très convoité. Des initiatives émergent pour apporter plus d’attention à ces zones, sans pour autant les modifier. C’est la cas du Festival de cinéma Zones Portuaires - Rencontres Cinéma et Villes Portuaires initié en 2015 à l’initiative de l’association Cales Obscures. Il se déroule chaque année au mois de juin à Saint-Nazaire et dans ses alentours mais aussi dans d’autres villes telles que Marseille ou Gênes en Italie. Le festival propose de redécouvrir ces territoires inexplorés, par la production d'œuvres cinématographiques, et d’échanger autour de problématiques territoriales par la mise en perspective des représentations des villes portuaires avec le territoire. Un tel événement permet d’appréhender l’importance de ces zones parfois oubliées et d’explorer la présence et l’influence de ces villes portuaires dans l’imagerie du cinéma.

Lien du projet miroir

© Vincent Jacques
© Ouest-France
© Vincent Jacques
© Vincent Jacques
© Vincent Jacques
Imcore
Concepteurs
Interreg 4B / Université de Bretagne Occidentale - UMR AMURE / Parc Naturel Régional du Golfe du Morbihan / IUEM / SIAGM (Syndicat Intercommunal d’Aménagement du Golfe du Morbihan)

Lieu
Golfe du Morbihan

Date
2008-2011

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Communauté & Action Collective

Type de projet
Approche par le paysage / Penser avec le vivant

Modalité d'adaptation
Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

En quoi consiste le projet ?

Le projet IMCORE (Innovative Management for Europe’s changing Coastal Resource) propose d’aborder dans un contexte de réchauffement climatique l’adaptation des espaces littoraux de l’Europe du Nord-Ouest. De 2008 à 2011, des chercheurs et collectivités territoriales se sont associé afin d’étudier les conséquences de tels changements sur la biodiversité et les milieux marins et littoraux. Le Golfe du Morbihan a été choisi en tant que site témoin français, sa diversité d’activités et de sites naturels s'inscrivent au centre d’enjeux territoriaux, économiques, sociaux et environnementaux. Le projet se concentre sur des enjeux locaux afin de comprendre les effets du réchauffement climatique et d'en rendre compte par le biais d’outils adaptés (scénarios, cartographie, outils de visualisation …). Cette compréhension systémique des littoraux a pour objectif d'aider les gestionnaires du littoral à décrire les changements et à proposer des stratégies d'adaptation spécifiques.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

Afin d’anticiper les conséquences du dérèglement climatique sur les milieux littoraux, le projet IMCORE proposait dès 2008 d'accompagner l’élaboration de stratégies adaptatives locales sur des territoires pilotes. Cette démarche mettait en avant des pistes d’adaptation sur les manières d’habiter les territoires vulnérables et constituait alors une démarche pionnière en France.

Les ateliers organisés regroupaient des élus mais aussi des techniciens afin de recueillir des approches les plus diverses possibles, au service de la démarche prospective. Une enquête auprès des habitants du territoire du Golfe du Morbihan a été réalisée afin de recueillir les témoignages et propositions de ceux-ci.

Le projet IMCORE a pris en compte tous les secteurs d’activités touchés par le changement climatique à savoir : l’agriculture, l’urbanisme, l’architecture, les réseaux routiers littoraux, le tourisme, le patrimoine naturel et culturel…

Mise en perspective

Les résultats obtenus il y a plus de 10 ans sont consultables par tous sous formes de scénarii et de bases de données permettant aux démarches actuelles de s'appuyer sur ces travaux.
Le projet IMCORE a permis la préfiguration d'un outil d’aide à l'adaptation au changement climatique. L’outil CACTUS (Climate Adaptation Changements Territoires Usages) est principalement destiné aux collectivités territoriales et aux élus impliqués directement dans la mise en place d’actions pour s’adapter au changement climatique.
Élaboré par des acteurs institutionnels, économiques et associatifs du Golfe du Morbihan, cet outil incite le lecteur à se questionner sur des enjeux climatiques contemporains et sur les capacités d’adaptation envisageables. Il se présente sous la forme de fiches thématiques permettant l’information, un questionnement préalable au diagnostic de vulnérabilité et la possibilité d’explorer des choix d’adaptation concrets pour les collectivités.

© pnr Golfe du Morbihan
© pnr Golfe du Morbihan
Quand viendra la vague
Concepteurs
Alice Zeniter / L'Arche

Lieu
Lanleff

Date
2019

Milieux
Dans l’air / Immatériel

Catégorie
Arts & Philosophie

Type de projet
Création artistique

Modalité d'adaptation
Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

En quoi consiste le projet ?

Alice Zeniter met en récit dans une pièce d’anticipation au ton humoristique deux personnages principaux Mateo et Letizia, confrontés au phénomène fatal de la montée des eaux. Isolés sur une petite île fictive frappée par une vague, les personnages assistent à l’effondrement de leur monde et font face à un dilemme compliqué : qui mérite d’être sauvé ? quelle vie vaut plus qu’une autre ? Ils s’interrogent d’abord sur l’adaptabilité de l’humain mais aussi des autres espèces face à ce scénario catastrophique. L’eau ne cessant pas de monter, Mateo et Letizia procède alors à une sélection de l’espèce mais ne tombe pas toujours d’accord. Tandis que l’un tente de pardonner et de tendre la main à chacun des rescapés, l’autre refuse de sauver beaucoup d’entre eux en se voulant plus réaliste bien qu’égoïste. Les deux protagonistes s’interrogent et tentent de mesurer la valeur d’une vie au dépend d’une autre mais en vain.

Certaines troupes de théâtre comme le projet Latitude ont donné des représentations de la pièce avec une liberté complète de choix de mise en scène.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Ouvrir les imaginaires / Apporter d’autres regards sur le monde / Créer de nouveaux récits

Cette pièce dystopique dresse une situation catastrophique, dans un futur proche et soulève des problématiques auxquelles nous sommes aujourd'hui déjà confrontés. Le format court de la pièce de théâtre favorise l'identification aux personnages et place le lecteur dans une situation de dilemme et de réflexion. La métaphore de la vague ne fait que présager les conséquences de la montée des eaux déjà en cours et interroge notre comportement face aux dangers qu’elle représente.

Tout au long de la pièce, les points de vue se confrontent, mais aucun ne semble mener à une solution raisonnable, si seulement il en existe une. Comment mesurer la valeur d’une vie ? Dans une démarche altruiste et de morale universelle, Letizia semble vouloir pardonner et accueillir chaque être sur l’île, on apprend par la suite que ses choix s’inscrivent en réalité dans une vision beaucoup plus utilitariste. Au contraire, Mateo semble se méfier d’autrui et préfère sacrifier la vie des autres au profit de la sienne et celle de ses proches. Confrontés à l’urgence de la situation, les différentes réactions des personnages révèlent certains vices de l’Homme mais aussi des problématiques telles que celle des réfugiés climatiques, du sixième continent fait de plastique mais aussi de nouveau rapport aux autres et à la terre. L’auteure invite les lecteurs et spectateurs à prendre conscience de l’urgence écologique mais aussi à réagir en vue de ce qui nous attend.

Mise en perspective

La littérature comme outil de sensibilisation raconte les sujets préoccupants à travers ces mots et les met en récit sous différentes formes. En 2008, émerge un nouveau genre littéraire appelé climate fiction ou cli-fi, à travers des récits dystopiques voire apocalyptiques, les personnages progressent dans un monde transformé par le changement climatique, nous présageant malgré tout ce que notre monde pourrait devenir. En explorant les difficultés mais aussi les solutions proposées par les imaginaires, la littérature mobilise les consciences et invite le lecteur à penser le devenir du monde abîmé par l’activité humaine.

Dans le genre de la climate fiction, la trilogie Le Dernier Homme de la canadienne Margaret Atwood dresse un tableau dystopique du monde envahi par des animaux génétiquement modifiés dans lequel l’Homme semble avoir disparu. Un monde frappé par la catastrophe écologique saura-t-il se relever ?

© Alice Zeniter
© Bianca Bolos
© Bianca Bolos
Renouvellement de la trame arborée du Marais poitevin
Concepteurs
Jordane Ancelin, paysagiste au PNR marais poitevin / Alexis Pernet, paysagiste / ANR DIGUES / Etat / PNR / syndicats de marais mouillés / naturalistes / paysagistes

Lieu
Marais Poitevin (partie amont)

Date
Depuis 2015

Milieux
Estuaire / Delta / Marais / Lagune / Milieu saumâtre

Catégorie
Paysage & Ecologie

Type de projet
Approche par le paysage / Penser avec le vivant

Modalité d'adaptation
Composer dans un monde multispécifique / Régénérer et préserver les pouvoirs du vivant

En quoi consiste le projet ?

Le Marais poitevin constitue la plus grande zone humide sur le littoral atlantique français. Pour accroître les surfaces agricoles en assèchant des terres, de nombreux canaux, levées et digues ont été construits dès le XIème siècle et stabilisés par la plantation d’arbres et surtout de frênes, si bien qu’aujourd’hui les levées sont parsemées d’arbres têtards, emblèmes du marais mouillé.

Seulement, la monospécificité des arbres du marais l’expose à des maladies telles que la chalarose et décime la population de frênes têtards peu à peu. Depuis 2015, le Parc naturel régional mène des ateliers de médiation et de sensibilisation à la santé du marais et entreprend un plan de renouvellement des alignements d’arbres têtards mené par des paysagistes, techniciens et locaux. Le projet consiste à anticiper la mutation des paysages causée par la dégradation des frênes têtards en diversifiant la trame arborée du marais poitevin.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Composer dans un monde multispécifique / Régénérer et préserver les pouvoirs du vivant

A travers ce projet de paysage, le Parc naturel régional valorise l’importance des dispositifs de digues et de levées en appréhendant leur histoire et leurs usages et aborde des questions d’entretien et de gestion de l’eau dans le Marais poitevin.

La plantation de nouvelles essences d’arbres en remplacement des frênes est réalisée par une équipe dédiée et volontaire à grande échelle et concerne principalement des terrains privés. Cette intervention s’inscrit dans une méthodologie précise en 4 volets afin d’anticiper la régénération du milieu. L’équipe procède à un repérage préalable et au processus de plantation rapide et ce grâce aux informations obtenues par des spécialistes et au soutien financier des citoyens.

L’ensemble de ce plan d’action s’inscrit dans une démarche participative et progressive guidée par ses acteurs (paysagistes, techniciens, locaux, maraîchers) vers un apprentissage commun. Le processus de plantation est réalisé du début à la fin de manière locale et permet une formation collective avec les habitants et propriétaires investis dans le réapprentissage des gestes et des savoirs faire.

Mise en perspective

Le Marais poitevin est soumis depuis toujours à de forts enjeux et conflictualités dans la gestion de l’eau et du territoire, aujourd’hui façonné par ces formes de pressions. Ce paysage est marqué par la présence de l’eau qu'elle soit douce ou salée, modifié par l’Homme, il forme désormais un réseau aquatique très élaboré.

Maintenir une stratégie de gestion des terres agricoles par le paysage et initier une mutation de ce paysage par la plantation de nouvelles essences dans le marais permet de régénérer le processus d'endiguement par les pouvoirs du vivant, que sont la croissance et l’enracinement des arbres dans les digues et levées.

L’organisation scientifique et paysagère de ce renouvellement de la trame arborée constitue une initiative unique en France et permet l’appréhension d’un programme de recherche et d’actions concrètes. Ce programme pourrait être déployé ailleurs en France, dans un cas similaire de renouvellement nécessaire de la trame arborée, par exemple en cas de fragilisations d'espèces dues aux modifications des conditions climatiques.

Projet miroir
©Leviviersurmer

Les haies bocagères font l'objet de nombreux programmes de replantation à l'échelle nationale. Le programme Breizh Bocage, en Bretagne, existe par exemple depuis 2007 et vise en particulier le parcellaire agricole. Il est soutenu par les fonds européens, natioraux et régionaux et est relayé localement par les collectivités locales.

Malgré la prise en charge logistique des plantations par des associations partenaires et le coût dérisoire qui reste à la charge des exploitants agricoles, le programme peine à convaincre à la mesure des besoins de replantation. Les haies sont encore trop souvent perçues comme des contraintes (gestion des boisements, surfaces non cultivables, ombre sur les cultures, etc.), alors que leurs bénéfices sont connus et réels dans le fonctionnement des milieux.

Lien du projet miroir

Ⓒ PNR Marais Poitevin
Ⓒ francis Leroy
Ⓒ Alexis Pernet
"Se peut étendre sur les grèves"
Concepteurs
Guillaume Bonnel, photographe, avec Surfrider Foundation et le GIP littoral aquitain

Lieu
Capbreton / Hossegor / Noirmoutier / Anglet et autres ...

Date
En cours

Milieux
Sur la côte / Rivage / Littoral / Estran / Milieu côtier

Catégorie
Arts & Philosophie

Type de projet
Création artistique

Modalité d'adaptation
Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

En quoi consiste le projet ?

L’article premier de la loi de 1681 définit le domaine public maritime et le rivage de la mer par « tout ce que (la mer) couvre et découvre pendant les nouvelles et pleines lunes, et jusqu’où le grand flot de mars se peut étendre sur les grèves ». C’est sur cette définition que le photographe Guillaume Bonnel décide d’appuyer son travail de recherche sur la transformation des milieux côtiers liée au changement climatique. La notion d'incertitude, d’imprévisibilité et de mouvance de la mer revient dans ses photographies comme dans l'énonciation de la loi de 1681. Guillaume Bonnel se rend dans divers lieux comme Hossegor, Noirmoutier ou Pasaia en Espagne afin de capturer les gestes d’adaptation apportés par l’Homme et traduit sa démarche en une série de photographies épurées et poétiques. Le projet encore en cours a la vocation de présenter une série chronophotographique de l’évolution de ces paysages avec des images qui seront reproduites à l’identique sur le long terme.

Qu'est ce qui fait adaptation ?

• Modalité d'adaptation : Réfléchir / Questionner / Enquêter / Transmettre / Communiquer

Confrontés aux phénomènes climatiques de plus en plus fréquents et intenses et à la montée des eaux imminente, les territoires littoraux deviennent de plus en plus vulnérables et fragiles. Le projet “se peut étendre sur les grèves” met au défi l’adaptation du droit littoral à la dimension mouvante du paysage. Il questionne les effets de la définition du rivage comme structure mentale sur la formation du paysage, instable. Les différents gestes humains s’inscrivent tels des frontières permanentes entre la mouvance de la mer et la côte. Guillaume Bonnel invite à réinterroger la notion de frontière littorale et la vision anthropocentrique portée sur ces territoires façonnés paradoxalement par le droit.

L'œuvre photographique de Guillaume Bonnel rend compte de la vanité des gestes paysagers et défensifs initiés par l’humain pour lutter contre la submersion marine. Il invite en revanche à se concentrer sur la poétique de cette gestuelle paysagère, qui, bien que vaine, témoigne d’une certaine innocence anthropique. La manière dont l’Homme soigne le paysage comme on guérirait un organe affaibli, l’endiguement de certains territoires, l’installation de barrières anti-inondation témoignent de la démarche défensive initiée dans ces espaces précaires et mis en péril. Ces contours poétiques d’un paysage mouvant font écho à la définition juridique des territoires littoraux et à l’épreuve du changement climatique et du temps.

Mise en perspective

La volonté de l’Homme à canaliser la nature et à la contrôler se manifeste aussi sur les territoires montagneux menacés par la fonte des glaciers et l’érosion des massifs. Le projet Orthèses réalisé en 2017 par Guillaume Bonnel met en évidence l’obstination de l’être humain à vouloir réparer et soigner son environnement. Cette série de photographies argentiques saisit des paysages montagneux modifiés et façonnés par l’installation de barrages, de canaux et de barrières anti-éboulement, de la même manière que le projet “se peut étendre sur les grèves”, démontre la vanité de ces installations. La tendance à croire que le processus de restauration est applicable à un élément naturel se manifeste dans la plupart des milieux et légitime la brutalité des interventions de l’Homme sur son environnement.

© Guillaume Bonnel
© Guillaume Bonnel
© Guillaume Bonnel
© Guillaume Bonnel
© Guillaume Bonnel

Klima sur les rivages

Klima en Bretagne,
en Nouvelle-Aquitaine
et à Paris

Adresse du siège social :
28 rue de la Masse
La Fresnais 35111
France


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